lundi 8 mars 2021
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Le sacrifice d’Abraham dans la Bible et le Coran : convergences et divergences

Le sacrifice d’Abraham dans la Bible et le Coran : convergences et divergences

Introduction

Dans notre série d’articles sur Abraham, nous avons déjà dit que l’épreuve du sacrifice est une des plus marquantes de celles auxquelles Abraham fut confronté. Ce fut un moment où il fit encore montre de toute la grandeur de sa foi, de sa soumission et de sa totale confiance en Dieu. A l’épilogue de l’épreuve du sacrifice, Dieu le qualifia de vrai croyant et soumis. C’est le seul prophète que le Coran a qualifié d’ami de Dieu « Et Dieu a pris Abraham pour ami » (Coran 4 :125) Juifs, chrétiens et musulmans revendiquent son héritage spirituel, chacun à sa façon. La Bible parle d’Abraham pas toujours de la même façon que le Coran le fait d’Ibrâhîm. Au sujet de l’épreuve du sacrifice, nous avons trouvé utile de passer en revue les convergences et divergences entre la Bible et le Coran, et de chercher à répertorier les enseignements qu’on peut en tirer. Dans ce cadre, le décryptage et la discussion qui vont suivre seront articulés au contexte de l’épreuve du sacrifice, à une revue comparée des récits biblique et coranique s’y rapportant, et à une réflexion sur qui d’Ismaël ou d’Isaac était le fils concerné par l’épreuve du sacrifice.

Contexte de l’épreuve du sacrifice 

C’est dans Genèse, 22 : 1-19)[1] qu’on trouve le récit de la Bible chrétienne se rapportant à l’épreuve du sacrifice. Nous citerons les passages concernés le long de la discussion. Dans le Coran, le récit de l’épreuve du sacrifice est mentionné intégralement dans la sourate 37, du verset 100 au 113. 

A la lecture des récits biblique et coranique, on note des différences significatives à propos du contexte des événements de l’épreuve du sacrifice. En effet, selon la Bible, celle-ci se déroule après qu’Abraham a « renvoyé » Agar, la servante égyptienne et son fils Ismaël dans le désert de Paran. Dans ce récit, on note que l’épreuve du sacrifice va donc se dérouler alors qu’Ismaël et sa mère Agar sont loin du pays des Philistins où résidait Abraham[2]. De plus, Isaac y est nommément cité, ce qui ne laisse aucune place à un éventuel débat sur qui d’Ismaël ou d’Isaac sera le fils concerné par le sacrifice : «Après ces choses, Dieu mit Abraham à l'épreuve, et lui dit : Abraham ! Et il répondit : Me voici ! Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t'en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai » (Gen, 22 : 1-2)

De son côté, le récit du Coran rapporte que les événements du sacrifice se déroulent après les confrontations entre Abraham et son peuple et notamment après que ce dernier a voulu le jeter dans une fosse de feu pour en finir. C’est après cela qu’Abraham demande à son Seigneur de lui trouver une issue. Suit alors l’annonce de la venue au monde d’un garçon magnanime « ghulâmin halîm » : « Ils dirent : ‘Préparez-lui une construction et jetez-le dans la fournaise’.  Ils voulurent intriguer contre lui, mais ce sont eux que nous avons mis à bas. Et il dit : ‘Je m’en vais vers mon Seigneur, Qui me guidera. Seigneur, donne-moi qui[3] sera d’entre les vertueux. Alors, Nous lui fîmes l’heureuse annonce d’un garçon magnanime » (Coran 37 : 98-101). Cet enfant est qualifié mais pas nommé.

Le récit biblique annonce à l’entame que c’est pour l’éprouver que Dieu commande à Abraham d’aller offrir Isaac qualifié de fils unique, en holocauste. On note qu’en plus de la mention du nom de l’enfant concerné par le sacrifice, la Bible ajoute qu’Isaac était en ce moment, l’enfant unique d’Abraham. Nous reviendrons sur cette divergence des plus notoires entre le récit de la Bible et celui du Coran sur qui d’Ismaël ou d’Isaac était concerné par le sacrifice. Le récit biblique poursuit par les préparatifs du sacrifice par la mention du dialogue entre Abraham et Isaac. Dans le récit de la Bible, il appert qu’Abraham ne veut pas que son fils sache que c’est lui qui est concerné par le sacrifice et ce dernier ne se doute de rien :

« Abraham prit le bois pour l'holocauste, le chargea sur son fils Isaac, et porta dans sa main le feu et le couteau. Et ils marchèrent tous deux ensemble. Alors Isaac, parlant à Abraham, son père, dit : Mon père ! Et il répondit : Me voici, mon fils ! Isaac reprit : Voici le feu et le bois ; mais où est l'agneau pour l'holocauste ? Abraham répondit : Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l'agneau pour l'holocauste.  Et ils marchèrent tous deux ensemble. Lorsqu'ils furent arrivés au lieu que Dieu lui avait dit, Abraham y éleva un autel, et rangea le bois. Il lia son fils Isaac, et le mit sur l'autel, par-dessus le bois. Puis Abraham étendit la main, et prit le couteau, pour égorger son fils. Alors l'ange de l'Éternel l'appela des cieux, et dit : Abraham ! Abraham ! Et il répondit : Me voici ! L'ange dit : N'avance pas ta main sur l'enfant, et ne lui fais rien ; car je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique. Abraham leva les yeux, et vit derrière lui un bélier retenu dans un buisson par les cornes ; et Abraham alla prendre le bélier, et l'offrit en holocauste à la place de son fils. Abraham donna à ce lieu le nom de Jehova Jiré. C'est pourquoi l'on dit aujourd'hui : A la montagne de l'Éternel il sera pourvu.» (Gen, 22 : 6-14) 

A la différence du récit biblique, le Coran rapporte un dialogue entre Abraham et le fils magnanime dont le nom n’est toujours pas mentionné : « Quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, il[4] dit : «Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses». Il[5] dit : «Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé : tu me trouveras, s’il plaît à Dieu, du nombre des endurants». Puis quand tous deux se furent soumis et qu’il l’eut couché sur le front, voilà que Nous l’appelâmes «Abraham ! Tu viens de confirmer[6] le songe. C’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants» C’était là certes, l’épreuve manifeste. » (Coran 37 : 102-106)

Ce dialogue ouvre un sens qu’on ne trouve pas dans le récit biblique, à savoir que le fils magnanime sait que le songe de son père est un commandement divin à l’immoler et il dit oui. Il accepte dans son cœur de subir l’immolation dignement avec l’aide de Dieu. Dans le récit biblique, le fils concerné, Isaac, n’est actif que dans la préparation du feu et du bois. Pour la suite, jusqu’au geste qui pourrait lui être fatal, Isaac est passif et subit sans comprendre, dans une ignorance glaciale.

Dans la suite du récit, il y a convergence dans le fond. En effet, la voix de l’ange selon la Bible, celle de Dieu dans le Coran interpelle Abraham lui enjoignant de stopper son geste. Puis Abraham finit par sacrifier un bélier grandiose. C’est après avoir levé la main pour immoler le fils magnanime que le Coran utilise pour la première fois dans son récit, le terme d’épreuve là où la Bible l’emploie dès le début. L’objet constant sur lequel porte la convergence entre le récit du Coran et celui de la Bible est la nature de l’épreuve : Dieu veut qu’Abraham manifeste jusqu’où il peut et veut aller dans sa foi et sa confiance en Dieu.

Dans le récit de la Bible, Abraham est qualifié de craignant Dieu, puis, il lui est promis une grande nation comme postérité et un statut de pôle de bénédiction pour le monde : « L'ange de l'Éternel appela une seconde fois Abraham des cieux, et dit : Je le jure par moi-même, parole de l'Éternel ! Parce-que tu as fait cela, et que tu n'as pas refusé ton fils, ton unique, je te bénirai et je multiplierai ta postérité, comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est sur le bord de la mer ; et ta postérité possédera la porte de ses ennemis. Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce que tu as obéi à ma voix. Abraham étant retourné vers ses serviteurs, ils se levèrent et s'en allèrent ensemble à Beer Schéba ; car Abraham demeurait à Beer Schéba » (Gen, 22 : 14-19)  

De son côté, le récit du Coran qualifie Abraham de (« muslim », soumis), de bienfaisant (« muhsin », au sens de qui a atteint la perfection spirituelle) et de (« mu-e-min », croyant) : « Puis quand tous deux se furent soumis et qu’il l’eut couché sur le front, voilà que Nous l’appelâmes «Abraham ! Tu viens de confirmer le songe. C’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants» C’était là certes, l’épreuve manifeste. Et Nous le rachetâmes par une bête grandiose. Et Nous perpétuâmes son renom dans la postérité : ‘Paix sur Abraham’. Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants, car il était de Nos serviteurs croyants » (Coran 37 : 103-111) 

Ismaël ou Isaac ?

Deux divergences significatives apparaissent entre les récits de la Bible et du Coran sur la suite que Dieu accorde à l’exemplarité de l’attitude d’Abraham devant cette épreuve. En effet, là où la Bible parle de grande postérité pour Abraham et de sa fonction singulière dans l’histoire du salut de l’humanité, ce que le Coran confirme, celui-ci ajoute l’annonce de la naissance d’un enfant nommé Isaac. Cette annonce est un indice parmi les plus décisifs qui établissent que c’est bien, à la lumière du Coran, Ismaël, le premier né d’Abraham qui a été le fils concerné par l’épreuve du sacrifice. Aussi, d’autres indices du récit coranique bien examinés conduisent logiquement et rigoureusement à ceci que le fils magnanime dont le nom est tu dans le récit du Coran n’est autre qu’Ismaël, le premier-né d’Abraham. Ces indices qui permettent d’identifier l’enfant du sacrifice incluent les suivants : la conjonction de coordination « wa », les qualificatifs différents donnés aux deux enfants, le pronom personnel « hi » et la forme du duel utilisés à la fin du récit coranique.

C’est ainsi qu’à l’entame du récit coranique, se trouve l’heureuse annonce d’un enfant magnanime donc qualifié mais pas nommé, et puis, à la fin, il y a une deuxième heureuse annonce d’un enfant nommé Isaac comme partie de la rétribution que Dieu a réservée à Abraham suite à ce qu’il a manifesté face à l’épreuve du sacrifice. Il en découle que la première annonce ne peut concerner Isaac mais Ismaël. Voici le récit originel : « Quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, il dit : «Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses». Il dit : «Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé : tu me trouveras, s’il plaît à Dieu, du nombre des endurants». Puis quand tous deux se furent soumis et qu’il l’eut couché sur le front, voilà que Nous l’appelâmes «Abraham ! Tu viens de confirmer le songe. C’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants» C’était là certes, l’épreuve manifeste. » Nous le[7] rachetâmes par une grandiose bête. Et nous le fîmes passer à la postérité. Paix sur Abraham ! Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants. Il fut vraiment un de nos fidèles croyants. Et Nous lui fîmes l’heureuse annonce d’Isaac, prophète d’entre les vertueux » (Coran 37 : 102-106)

Le fait que le nom de l’enfant magnanime exposé au sacrifice ne soit pas mentionné alors qu’Isaac le soit à la fin du récit donne un indice décisif sur l’identité recherchée. Nous proposons comme suit une reprise du récit coranique avec, pour les besoins de la démonstration, Isaac comme nom de l’enfant magnanime annoncé à Abraham : « Alors, Nous lui fîmes l’heureuse annonce d’un garçon nommé Isaac[8] (…)[9] Et Nous lui fîmes l’heureuse annonce d’Isaac, prophète d’entre les vertueux »

A travers cet exercice, il saute aux yeux que l’enfant magnanime annoncé au tout début du récit ne peut être Isaac, et on ne voit pas de qui il est alors le nom si ce n’est Ismaël car seuls ces deux fils d’Abraham sont concernés par la divergence sur l’identité de l’enfant du sacrifice. En effet, juifs, musulmans et chrétiens sont d’accord pour dire que l’enfant du sacrifice est soit Ismaël soit Isaac. Comme l’expliquent certains commentateurs du Coran comme Chinqîti[10], la prise en compte de la conjonction de coordination « wa » (et), est cruciale ici, même si certains traducteurs omettent de la mentionner[11]. En effet, elle (la conjonction de coordination – « wa ») indique que ce qui précède parle de quelque chose de différent de ce qui suit. L’heureuse annonce de la naissance d’Isaac à la fin du récit et après que l’enfant magnanime a été exposé au sacrifice établit sans équivoque que ce dernier ne peut être Isaac. Selon le récit du Coran, Isaac est un don que Dieu fait à Abraham après qu’il a manifesté si dignement sa foi, sa soumission et son obéissance à Dieu.[12]  

Un autre argument parmi les plus décisifs en faveur d’Ismaël, c’est que ce dernier est le seul de ces deux enfants d’Abraham à être qualifié sans être nommé de « ghulâm halîm » (enfant magnanime) comme cela est mentionné dans le récit de l’épreuve du sacrifice. Pour ce qui est d’Isaac, l’heureuse annonce de sa naissance est associée dans le Coran et la Bible à sa mère[13] et à des anges. De plus, Isaac est qualifié et lui seul, à deux reprises de « gulâm ‘alîm » (enfant savant). Voici les références : « ‘N’aie pas peur[14] nous te faisons l’heureuse annonce d’un enfant savant’ » (Coran 15 : 53) ; « Il[15] commençait à prendre peur devant eux[16], ils[17] lui dirent : ‘N’aie aucune crainte !’Et ils[18] lui firent l’heureuse annonce d’un enfant savant » (Coran 51 : 28) 

Comme pour l’utilisation de la conjonction de coordination précitée, celle du pronom personnel masculin « hi » dans le verset 113 toujours de la sourate 37 ainsi que du duel (himâ) dans le même verset donnent des indices solides en faveur d’Ismaël : « Et Nous lui[19] fîmes l’heureuse annonce d’Isaac comme prophète d’entre les vertueux. Et Nous le[20] bénîmes ainsi qu’Isaac. Et parmi leurs descendances à eux deux[21] il y a qui est bienfaisant[22] et qui est manifestement injuste envers lui-même[23] » 

Le segment du verset 113 « Parmi leurs descendances à eux deux » nous permet de comprendre qu’il s’agit d’Ismail et d’Isaac. En effet, il ne peut s’agir d’Abraham car on serait dans un cas de figure où le verset parlerait de deux descendances : une issue de ce dernier (Abraham) et une autre issue de son fils Isaac ! Il n’est pas concevable d’avoir un tel arbre généalogique car Isaac fait partie de la descendance d’Abraham. La descendance d’Isaac est aussi celle d’Abraham, ce qui fait que le duel mentionné dans ce verset indique qu’il ne s’agit pas d’Abraham et si ce n’est pas lui, le récit conduit à désigner Ismaël. Dit autrement, pour les besoins de la démonstration, voici ce qu’on aurait s’il s’agissait d’Abraham : « Et Nous fîmes à Abraham l’heureuse annonce d’Isaac comme prophète d’entre les vertueux. Et Nous bénîmes Abraham ainsi qu’Isaac. Et parmi les descendances d’Abraham et d’Isaac, il y a qui est bienfaisant et qui est manifestement injuste envers lui-même »

Par contre, si on met Ismaël, on a : « Et nous bénîmes Ismaël ainsi qu’Isaac. Et parmi les descendances d’Ismaël et d’Isaac, il y a qui est bienfaisant… », tout devient cohérent et clair. C’est Ismaël le premier né qui est le béni à côté d’Isaac et c’est des descendances de ces deux frères à partir du père unique Abraham que vont sortir les justes et autres transgresseurs annoncés dans le récit du Coran. Le verset qui suit parle des bienfaits de Dieu aux deux frères que sont Moïse et Aaron[24] ! « Et Nous comblâmes de nos bienfaits Moïse et Aaron » (Coran 37 : 107)    

A côté de ces exigences de cohérence interne au Coran qui établissent que c’est Ismaël le fils du sacrifice, les sources musulmanes relèvent que le récit de la Bible qui met en avant plutôt l’enfant unique d’Abraham que serait Isaac pose problème.  Eu égard au récit de la Bile « Après ces choses, Dieu mit Abraham à l'épreuve, et lui dit : Abraham ! Et il répondit : Me voici ! Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t'en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai », voici ce qu’en dit le défunt recteur de la Mosquée de Paris, hamza boubakeur : « Or, il n’est pas dit dans la Bible : « tu prendras », mais « prends » et le texte précise « ton fils unique ». Il s’agit bien d’Ismaël puisqu’il l’était jusqu’à la naissance d’Isaac, quatorze ans après la sienne (Gen. XVI, 16). A aucun moment Isaac n’a été « fils unique » alors qu’Ismaël le fut et donc le qualificatif ne peut s’appliquer qu’à lui, à moins de suspecter (ce qui serait contraire aux faits et à l’enseignement de la Bible) la filiation d’Ismaël. Or, selon la Bible, Ismaël est annoncé et béni par Dieu : « Agar, enceinte, chassée par Sara, l’ange du Seigneur la rencontra près d’une source au désert et lui dit : « Je multiplierai beaucoup ta descendance tellement qu’on ne pourra pas la compter… » Tu es enceinte et tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom d’Ismaël, car Yahvé a entendu ta détresse. » (Gen. XVIII, 7-12)[25] 

 

Abraham face au feu : le récit coranique comme miracle

[Voici] un Livre béni que Nous avons fait descendre vers toi, afin qu'ils méditent sur ses versets et que les doués d'intelligence réfléchissent ! (Coran 38 : 29)

Que ne méditent-ils donc le Coran ? S'il provenait d'un autre que Dieu, ils y trouveraient certes maintes contradictions ! (Coran 4 : 82)

 

Habitus idolâtre, argumentation et séparation 

Dans la partie 2 de notre contribution « Abraham face à son peuple », il était question de la façon dont Abraham (paix sur lui) a procédé pour amener son peuple à se rendre compte, par une démarche de raison, de la vanité de l’idolâtrie qu’il pratiquait. C’est pourquoi on note que le questionnement est récurrent dans la stratégie d’argumentation qu’Abraham (paix sur lui) déroule. Le but étant pour lui, avec l’aide de Dieu[26], de faire comprendre à son peuple qu’il y va de son salut de rompre cette chaine vicieuse et irrationnelle de la transmission de l’habitus idolâtre : « Il dit : «Avez-vous réfléchi[27] à ce que vous êtes en train d’adorer, vous et vos premiers ancêtres ? » (Coran 26 : 75-76)

Le Coran mentionne les discussions d’Abraham (paix sur lui) avec son peuple de sorte qu’il est possible de les analyser sous les angles suivants : l’identité et le statut des protagonistes ; la nature et le contenu de leurs propos et arguments ; leurs attitudes et comportements. C’est ainsi que les récits du Coran nous permettent de distinguer les trois sortes d’interlocuteurs suivants : le peuple au sens de la masse, le père d’Abraham (Azar), et le Roi. Si l’on commence par la fin, on note qu’Abraham finit par se séparer de son peuple en émigrant vers une autre contrée, vers le sud de la Chaldée notamment dans la région que les anciens arabes appelaient Bilâduch-châm[28]. Le Coran rapporte les termes de la séparation : « Je me sépare de vous, ainsi que de ce que vous invoquez en dehors d’Allah, et j’invoquerai mon Seigneur dans l’espoir de ne pas être déçu en Le priant » (Coran 19 : 48) ; « Il dit : ‘je m’en vais vers mon Seigneur qui me guidera’ » (Coran 37 : 99) 

Cette promesse d’invocation dénote sa compassion pour son peuple idolâtre malgré toutes les peines qu’il lui a fait subir. Dit autrement, Abraham souhaite du tréfonds du cœur le salut à son peuple mais sait aussi que tout dépendra de son (celle de son peuple) attitude à l’égard du vrai et unique Dieu et pas seulement de son invocation à lui (Abraham). Il promet d’invoquer Dieu en faveur de son peuple mais reste intraitable et ne veut laisser paraitre aucune faiblesse ni compromission quant à son rejet définitif de l’idolâtrie. Donc la promesse d’invocation d’Abraham concernait la guidance divine vers la sortie de l’idolâtrie tant que son peuple le voudra lui-même. Hélas, la fin de l’histoire mentionne l’attachement indéfectible du peuple d’Abraham au faux.

Pour pouvoir adorer le vrai et unique Dieu en toute liberté, Abraham se résout à quitter sa terre natale et à tourner le dos à sa patrie. Selon le récit biblique, c’est Dieu qui lui enjoint de quitter : « Le Seigneur dit à Abram : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, et tu deviendras une bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront ; celui qui te maudira, je le réprouverai. En toi seront bénies toutes les familles de la terre. » Abram s’en alla, comme le Seigneur le lui avait dit, et Loth s’en alla avec lui. Abram avait soixante-quinze ans lorsqu’il sortit de Harane. Il prit sa femme Saraï, son neveu Loth, tous les biens qu’ils avaient acquis, et les personnes dont ils s’étaient entourés à Harane ; ils se mirent en route pour Canaan et ils arrivèrent dans ce pays. (Genèse 12, 1-5)

Le Coran ne donne pas cette information mais ne la contredit pas. Toutefois, juifs, chrétiens et musulmans s’accordent sur l’émigration d’Abraham vers le pays de Châm. Dieu le Tout puissant (al qadîr) et le Tout Sage (al hakîm) lui donne donc en retour une nouvelle terre bénie qu’elle est et une progéniture dont les figures emblématiques sont les deux prophètes : Ismaël, le fils ainé suivi d’Isaac (paix sur eux)[29] : « ‘(…) Seigneur ! Donne-moi qui soit du nombre des vertueux’ Alors, Nous lui annonçâmes l’heureuse nouvelle d’un garçon magnanime » (Coran 17 : 100-101) ; « Et lorsqu’il se fut éloigné d’eux et de ce qu’ils adoraient en dehors d’Allah, Nous lui fîmes don d’Isaac et de Jacob, et Nous fîmes de chacun d’eux un prophète » (Coran 19 : 49)    

Revenons maintenant aux attitudes, propos et comportements du peuple face à Abraham. Ce n’est pas par hasard que nous avons préférés le terme « propos » à « arguments » car les récits du Coran révèlent que le peuple d’Abraham n’argumente pas ou dès qu’il s’y essaie, se « ressaisit » rapidement pour revenir à une posture obscurantiste. L’attitude du peuple d’Abraham telle que rapportée par le Coran révèle que l’habitus idolâtre étouffe la raison qui dès lors, ne peut prétendre à l’universalité, ne veut rien découvrir ou comprendre d’autre, soumise qu’elle est à l’emprise carcérale de l’imitation servile des anciens. La mentalité idolâtre divinise le terroir, la nature et les phénomènes qui s’y déroulent, la propre œuvre de l’homme et ce que les ancêtres auraient dit et fait. Le peuple idolâtre affiche une fausse assurance en ce qu’il a peur de poser des questions sur les mobiles de ce qu’il fait, et de cette posture, interdit à la raison d’exercer cette pulsion noble, singulière et irrépressible qui consiste pour chaque être humain, à ne cesser de vouloir comprendre. C’est ainsi que le Coran donne à appréhender que ce sont les suggestions de Satan, les passions, et la sacralisation des ancêtres qui sont les déterminants les plus décisifs de l’attitude des idolâtres de tout temps et partout à l’égard de Dieu et de Ses prophètes (paix sur eux).

Lorsque les porte-voix du peuple interpellent Abraham « Est-ce toi qui as fait cela à nos divinités, Abraham?», ils sont déjà en train d’exposer un manquement ou un défaut qui ne sied pas à un vrai Dieu, à savoir, que Celui-ci puisse subir l’action dévastatrice d’un jeune homme. Le peuple caractérise sans s’en rendre compte ses divinités par l’impuissance devant la « puissance » humaine dans ce cas de figure. En effet, quand Abraham leur dit «C’est la plus grande d’entre elles que voici, qui l’a fait. Demandez-leur donc, si elles peuvent parler», il est en train de vouloir expliquer à son peuple qu’il est trop impuissant pour faire ce qu’il (le peuple) lui impute et que c’est seulement une divinité plus puissante qui peut venir à bout d’une moins. Les porte-voix du peuple se rendent compte rapidement de la vanité voire de l’aporie que constitue la question qu’ils ont posée et se ravisent : « Se ravisant alors, ils se dirent entre eux : «C’est vous[30] qui êtes les vrais injustes». Puis ils firent volte-face et dirent : ‘Tu sais bien que celles-ci ne parlent pas’». Autre manquement, des divinités qui ne peuvent pas communiquer, qui ne peuvent pas se plaindre et qui sont à jamais muettes ! La mentalité idolâtre invente des divinités-victimes. Il en découle la grandissime et incontournable question de ce qu’on dit et fait en leur nom !

Abraham attire l’attention du peuple sur l’incohérence qui consiste à prendre pour divinité ces statues-idoles qui ne peuvent faire savoir au peuple un avantage duquel profiter ou un préjudice duquel se prémunir : « ‘il dit : «Adorez-vous donc, en dehors d’Allah, ce qui ne saurait en rien vous être utile ni vous nuire non plus’ » Il invite le peuple à raisonner mais ses portes voix répondent sur le registre de la répression après avoir quand même reconnu qu’ils étaient « injustes » c’est-à-dire, si on tient compte du contexte, insensés d’avoir envisagé d’interroger des « divinités » incapables de communiquer avec leurs serviteurs humains.

De quoi l’extinction de la fournaise est-elle le signe ?

Convaincu maintenant que son peuple a choisi malgré tout de rester dans l’idolâtrie, Abraham s’en désolidarise et désavoue leur culte : « ‘Fi de vous et de ce que vous adorez en dehors d’Allah ! Ne raisonnez-vous pas’?» (Coran 21 : 67)  La particule coranique « ouf » mentionnée dans ce verset indique en arabe comment le peuple d’Abraham s’exprimait en cas de détestation notoire de quelque chose. Le peuple d’Abraham persiste dans son injustice ou sa démarche incohérente en faisant l’option du musellement définitif de la seule voix qui refuse l’habitus idolâtre : « Ils dirent : «Brûlez-le ! Secourez vos divinités si vous voulez vraiment faire quelque chose » (Coran 21 : 69)

 Le peuple s’encourage mutuellement à agir contre Abraham pour secourir et venger ses divinités ! Lui (le peuple) au moins essaie de faire quelque chose, c’est-à-dire d’être un agent actif étant donné qu’il a un projet, une intention, communique, se met en mouvement, fait l’option de brûler Abraham, toutes choses, pour maléfiques qu’elles sont, que ses prétendues divinités sont impuissantes à faire ! Encore un manquement pour ces divinités qui ont besoin d’être secourues ! Les divinités que s’est donné le peuple d’Abraham n’ont même pas les attributs des êtres humains qui les adorent !

La résolution à brûler Abraham est mentionnée encore dans ce verset : « Ils dirent : “Qu'on lui prépare[31] une construction et qu'on le lance dans la fournaise ! ”. Ils voulurent lui jouer un mauvais tour mais ce sont eux que Nous mîmes à bas » (Coran 37 : 97-98)

Il y a là semble-t-il, au moins, une triple déduction à faire des versets du Coran qui mentionnent le châtiment que le peuple veut infliger à Abraham : i) le recours à la punition létale par le feu indique que vraisemblablement, cette pratique était destinée ou réservée aux personnes qui représentaient un danger significatif pour l’ordre religieux et social de la société babylonienne de l’époque d’Abraham ; ii) c’est un four (le terme coranique est bunyân – construction, édifice) qui est construit pour y jeter Abraham car les mots utilisés par le peuple indiquent qu’Abraham n’est pas exposé au feu comme dans le cas d’un bûcher, mais jeté dans un édifice bien construit ; iii)  le terme coranique « jahîm »[32] fait penser à un feu ardent donc longtemps entretenu qui laisse jaillir des flammes ; iv) le peuple aurait pu simplement dire « préparez-lui une construction et jetez-le dedans ! » mais l’expression coranique est « et lançait-le dans le jahîm », ce qui laisse comprendre qu’il s’agit de lancer Abraham dans un édifice construit en profondeur contenant un feu tellement ardent que les bourreaux seront obligés de le lancer de loin pour ne pas se brûler eux-mêmes.

Toutes ces indications tirées des récits coraniques sur Abraham face au feu constituent de la matière intéressante pour des anthropologues, historiens et spécialistes de disciplines connexes. A noter encore qu’on ne trouve trace de ces récits coraniques sur les discussions qui finissent par la décision de brûler Abraham dans la Bible ! Ces récits du Coran sur Abraham face au feu mais aussi de tous les autres sur ce patriarche ne peuvent manquer de susciter les réflexions les questions suivantes : 

  • Comment expliquer que les récits coraniques sur Abraham comme sur d’autres prophètes (paix sur eux) contiennent des informations absentes de la Bible ?
  • Etant donné qu’on ne peut pas défendre la thèse du plagiat au risque d’être ridicule, comment expliquer les divergences et convergences entre les récits du Coran et de la Bible sur Abraham ?
  • Comment expliquer que les récits coraniques sur Abraham soient dispersés dans plusieurs sourates du Coran sans toutefois présenter la moindre contradiction entre eux alors que les récits bibliques se présentent selon une chronologie linéaire, ce qui laisse voir plus la main de scribes-historiens qu’une révélation divine ?
  • Comment expliquer que Muhammad (saws), un arabe mecquois du 7é siècle, illettré récite des versets aussi détaillés et précis sur Abraham qui a vécu loin de l’Arabie et environ 25 siècles avant ?
  • Au cas où on fait l’hypothèse d’un Muhammad (saws) lettré qui a donc pu accéder aux écrits juifs et chrétiens qui circulaient à son époque, comment expliquer qu’il récite des récits propres au Coran ? 

Quand Abraham est jeté au feu de force, on sait d’expérience humaine qu’il n’a aucune chance d’y échapper. Il fait sa part de croyant en refusant de renoncer à sa foi même en apparence, se contentant comme le mentionnent les commentateurs du Coran, à prononcer dans une ferveur et d’une dignité hors du commun l’invocation de protection qui suit : « hasbunallahu wa ni’mal wakîl » (Dieu nous suffit et quel excellent Protecteur !). Mais, au-delà d’Abraham et de cet évènement si éprouvant pour lui, cette invocation appartient à tout croyant qui fait confiance en Dieu en toute circonstance et à fortiori quand tout ce qui est humainement possible révèle toutes ses limites. C’est ainsi que conformément à Sa promesse de secourir les croyants : « Et c'est un devoir pour Nous que de secourir les croyants » (Coran 30 : 47)

Dieu fait Sa part en enjoignant au feu d’être fraicheur « bardan » et paix[33] « salâman » en faveur d’Abraham : « Nous dîmes alors : « Ô feu, sois pour Abraham fraîcheur et salut » (Coran 21 : 69)

Les commentateurs du Coran expliquent que cette association entre fraicheur et paix n’est pas anodine. Si le feu se mue en fraicheur seulement alors Abraham risque de mourir pour cause de trop faible température. Donc il ne faut pas que d’un excès de chaleur on passe à un autre de fraicheur : il faut éviter le passage du feu à la glace. D’où, la nécessité de passer à une fraicheur salutaire, apaisante et bienfaisante. Qu’Abraham soit sauvé relève du miracle divin, car c’est la nature même du feu qui est bouleversée et par aucun phénomène humainement connaissable. En effet, il ne s’est pas agi de vent ou d’eau ou de phénomènes naturels de ce genre pour éteindre le feu, c’est le feu lui-même qui reçoit un commandement divin de changer de nature. C’est ainsi que celui-ci devient sans transition aucune, une fraicheur (sous quelle forme ?) et une « paix » centrée sur la personne d’Abraham ! Au cas où on pourrait faire l’hypothèse de l’intervention de phénomènes physiques, biochimiques et tout ce qu’on veut, restera à expliquer au moins les choses suivantes : i) pourquoi ces changements radicaux sont intervenus en ce moment même, c’est-à-dire, après qu’Abraham soit jeté dans la fournaise ? ii) comment comprendre l’instantanéité du passage d’un feu ardent à une fraicheur salutaire, apaisante et bienfaisante pour Abraham ? iii) Si on pouvait expliquer ce qu’il s’est brusquement passé pour que ce feu ardent devienne une fraicheur, qu’en est-il du second élément de paix et bienfaisance qui lui est associé ?

Si des phénomènes naturels ou humains étaient en jeu, le peuple qui assiste à ce qu’il se passe aurait tenté quelque chose mais le récit coranique mentionne juste que ce dernier constate que ses stratagèmes ne sont pas couronnés de succès et ne peut que ravaler son humiliante défaite : « Ils voulaient ruser contre lui, mais ce sont eux que Nous avons humiliés » (Coran 37 : 98). Tout cela parce-qu’ Abraham qui représentait au sein de son peuple, dans sa génération, la seule voix de la foi indéracinable au vrai et unique Dieu, avait en face de lui des gens qui ont voulu attenter à sa vie après avoir perdu la bataille des arguments afin d’éteindre à jamais cette voix discordante et active, cultuellement, socialement et politiquement « incorrecte » et de faire perdurer le faux. Il se trouve que Dieu a fait loi que seule la vérité va triompher comme dans ce verset que le prophète Muhammad (saws) récitera en cassant les statues-idoles trouvées dans la Kaaba lors de la victoire de la prise de la Mecque : « Dis la vérité est venue et le faux s’est dissipé. Vraiment le faux est condamné à se dissiper » (Coran 17 : 81) 

 

Ahmadou Makhtar kanté

Imam, écrivain et conférencier

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[1] http://www.bible-en-ligne.net/bible,01O-22,genese.php

[2] Voir (Gen, 21 : 1-21)

[3] Tous les commentateurs comprennent qu’il s’agit d’une invocation pour une progéniture vertueuse.

[4] Il s’agit d’Abraham

[5] Il s’agit du fils magnanime.

[6] Au sens d’avoir fait le nécessaire pour mettre en œuvre le songe. 

[7] Il s’agit de l’enfant magnanime

[8] Ajouté par nos soins pour les besoins de la démonstration

[9] Mis pour les versets que nous avons sautés pour aller directement à la fin, toujours pour les besoins de la démonstration 

[10] Voir son commentaire à ce propos, adwâ-ul bayân

[11] Dans ce cas de figure, ils mettent : « Nous lui fîmes l’heureuse annonce… », ce qui ne tient pas compte de la conjonction de coordination qui est dans le verset en arabe « wa »…

[12] Reste à expliquer pourquoi cette conclusion à laquelle on arrive grâce à l’éclairage du Coran remet en cause la primauté que le judaïsme donne à Isaac sur Ismaël.

[13] Du nom de Sara dans la Bible, elle n’est pas nommée dans le Coran.

[14] Les anges s’adressent à Abraham

[15] C’est toujours Abraham devant face aux anges qui se rendent à la cité du prophète Loth (paix sur lui) 

[16] Il s’agit des anges 

[17] Les anges

[18] Les anges

[19] Il s’agit d’Abraham

[20] Il s’agit d’Ismaël remplacé ici par le pronom personnel « hi » comme nous le montrerons par la suite

[21] Se limiter à traduire par « parmi leur descendance » ne met pas en exergue le duel utilisé dans le verset en arabe. On pourrait aussi mettre « tous deux » 

[22] Agit avec une forte conscience de la présence de Dieu

[23] Il s’agit de la progéniture d’Ismaël et d’Isaac où se trouveront des gens vertueux comme des transgresseurs.

[24] Il s’agit des prophètes Mûsâ et Hârûn (paix sur eux) fils d’Imrân qui a vécu au temps de l’exode en Egypte. Ces deux frères avaient pour sœur Maryam, l’homonyme de Maryam (Marie mère de Jésus – paix sur lui)

[25] Cheick  si boubakeur hamza, Le Coran, traduction nouvelle et commentaires, Ed Fayard, Tome 2, p506

[26] Le verset dit : « (…) Tel est l'argument que Nous inspirâmes à Abraham contre son peuple. Nous élevons en haut rang qui Nous voulons. Ton Seigneur est Sage et Omniscient » (Coran 6 : 83) Pour dire que Dieu soutient Ses prophètes par ce qu’Il veut y compris le miracle de l’argument imparable qui désarçonne l’interlocuteur. Abraham bénéficiera aussi de ce miracle devant le Roi à qui il demandera de faire se lever le Soleil à l’Ouest. Tout cela indique vraisemblablement que le peuple d’Abraham était friand de polémiques, il en découle que les arguments divinement inspirés à Abraham trouvent leur pertinence dans ce contexte. 

[27] Littéralement : « Voyez-vous ce que vous adorez… », mais le contexte indique bien qu’Abraham veut parler non pas de voir avec l’œil ce que son peuple fait au quotidien mais de réflexion sur le culte qu’il vous à ces statues-idoles, d’où la traduction que nous proposons.

[28] Cette région correspond aux États actuels d'Israël, Jordanie, Liban, Syrie, et les Territoires palestiniens

[29] Selon les sources musulmanes, Ismaël (paix sur lui) fils d’Agar avait une dizaine d’années de plus que Isaac (paix sur lui), fils de Sara la première épouse d’Abraham. 

[30] Cette expression coranique renvoie à des paroles que les concernés se lancent entre eux, il ne faut pas comprendre que ceux du peuple qui s’expriment ainsi s’adressent à d’autres et qui seraient-ils d’ailleurs ?

[31] Littéralement, on devrait traduire : « construisez-lui une construction… » mais nous avons préféré éviter la répétition qu’on trouve notamment chez Muhammad Hamidullah où construisez-lui un four ou une fournaise alors que le verset utilise le terme « bunyân » sans préciser.

[32] La traduction de ce terme coranique de « jahîm » par fournaise nous parait heureuse car il fait penser à un endroit surchauffé, où il fait extrêmement chaud. 

[33] Littéralement « paix » mais le contexte indique qu’il s’agit d’un feu qui devient une fraicheur qui soit salutaire, apaisante et bienfaisante pour Abraham, il faut éviter que la fraicheur soit létale.

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