vendredi 1 juillet 2022
De la lecture du Coran et des règles de bienséance y afférentes

De la lecture du Coran et des règles de bienséance y afférentes

Premier sermon

Louange à Allah ! Nous Le louons, cherchons secours auprès de Lui et sollicitons son pardon. Nous nous réfugions auprès d’Allah contre nos mauvais penchants et nos mauvaises actions. Quiconque est guidé par Allah, rien ne pourra l’égarer et quiconque est abandonné par Allah, rien ne pourra le guider. Nous attestons qu’il n’y a de divinité qu’Allah sans associé et nous attestons que Muhammad (PSL) est son serviteur et dernier envoyé à toute l’humanité jusqu’à la fin des temps. Nous lui sommes grandement reconnaissants d’avoir  révélé le Coran avoir afin que nous soyons bien guidés. 

Serviteurs d’Allah !

Poser des  questions fondamentales sur son origine, le sens de sa vie, et son destin après la mort constitue une des caractéristiques majeurs de la singularité humaine. Toutes sortes de réponses ont été apportées à ces interrogations à travers l’histoire humaine sous forme de mythes, de légendes, et de traditions dont chacune prétend à la vérité. Avec l’avènement de l’ère dite des lumières en Europe, une nouvelle pensée émerge, caractérisée par le rejet et de la pensée traditionnelle et de la religion en général, même si c’est d’abord le christianisme et le judaïsme qui étaient visés. Cette nouvelle pensée dite moderne considère que rien en dehors de l’homme lui-même ne peut apporter de réponses à ces questions. C’est l’ère de la suffisance et du refus de la transcendance. Cet état d’esprit entre dans la caractérisation coranique suivante : « Bien au contraire : ils ont traité de mensonge ce qu'ils ne peuvent embrasser de leur savoir, et dont l'interprétation ne leur est pas encore parvenue. Ainsi ceux qui vivaient avant eux traitaient d'imposteurs (leurs messagers). Regarde comment a été la fin des injustes ! » (S10, V39).  

Selon le Coran, l’homme n’est pas outillé pour trouver par lui-même les réponses justes à ces questions fondamentales. Il a besoin de lumière divine pour s’orienter. Dans ce cadre, la révélation intervient comme un supplément à la raison à d’autres champs, d’autres ordres, et d’autres horizons de réalités et de vérités : « Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? S'il provenait d'un autre que Dieu, ils y trouveraient certes maintes contradictions ! » (S4, V82) Dans un autre verset, il est dit: « Ceux qui ne croient pas au Rappel [le Coran] quand il leur parvient... alors que c'est un Livre puissant [inattaquable]; Le faux ne l'atteint [d'aucune part], ni par devant ni par derrière : c'est une révélation émanant d'un Sage, Digne de louange. » (S41, 41-42).   

Dans les récits des origines, le Coran rapporte que c’est justement l’oubli d’écouter Allah, de tenir pour vrai que la véritable guidance est une de Ses prérogatives exclusives, qui a conduit notre père Adam à tomber dans le piège de Satan. Malgré cette erreur, et après son repentir, Allah lui pardonne tout en l’excluant du paradis. Toutefois, une promesse capitale l’accompagne : « (…) Puis, si jamais un guide vous vient de Ma part, quiconque suit Mon guide ne s'égarera ni ne sera malheureux. Et quiconque se détourne de Mon Rappel, mènera certes, une vie pleine de gêne, et le Jour de la Résurrection Nous l'amènerons aveugle au rassemblement". (S20, V124). 

Serviteurs d’Allah !

Parmi les fondements de la foi islamique, figure la foi aux livres révélés. Cette foi signifie que le croyant tient pour vrai tout ce qu’Allah et son prophète ont affirmé être des livres révélés tout en considérant que le Coran constitue le couronnement de la révélation : « Ô les croyants ! Soyez fermes en votre foi en Dieu, en Son messager, au Livre qu'il a fait descendre sur Son messager, et au Livre qu'il a fait descendre avant. Quiconque ne croit pas en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers et au Jour dernier, s'égare, loin dans l'égarement. » (S4, V136). Dans un autre verset, il est dit : « Il a fait descendre sur toi le Livre avec la vérité, confirmant les Livres descendus avant lui. Et Il fit descendre la Thora et l'Evangile auparavant, en tant que guide pour les gens. Et Il a fait descendre le Discernement. Ceux qui ne croient pas aux Révélations de Dieu auront, certes, un dur châtiment ! Et, Dieu est Puissant, Détenteur du pouvoir de punir. » (S3, V3-4). Le Coran mentionne comme révélation, les feuillets (suhuf) d’Ibrahim, le Zabour de Daoud, at tawarat de Moussa, al injîl de Issa fils de Marie, et le Coran lui-même. Tous ces livres révélés sont appelés, guide, lumière, etc. Toutefois, beaucoup d’êtres humains ont rejeté le message des prophètes et préféré suivre leurs passions, des conjectures, des inspirations de Satan et des traditions ancestrales sans se soucier de la vérité : « Ne voyez-vous pas que Dieu vous a assujetti ce qui est dans les cieux et sur la terre ? Et Il vous a comblés de Ses bienfaits apparents et cachés. Et parmi les gens, il y en a qui disputent à propos de Dieu, sans science, ni guidée, ni Livre éclairant. » (S31, V20).

Serviteurs d’Allah !

Comme l’indique la deuxième composante de l’attestation de foi islamique, Muhammad (PSLF) est un prophète. La preuve des preuves de son statut d’envoyé d’Allah, c’est la révélation coranique dont il est dépositaire : « Qu'on exalte la Bénédiction de Celui qui a fait descendre le Livre de Discernement sur Son serviteur, afin qu'il soit un avertisseur à l'univers. » (S25, V1). Le Coran est le dernier appel aux doués de raisons djinns et humains. C’est justement la révélation qui nous dit que les djinns ont été extraordinairement séduits par les versets qu’ils ont entendus de la bouche même du prophète (PSLF) et nombre d’entre eux l’a adopté comme guidance : « Dis : "Il m'a été révélé qu'un groupe de djinns prêtèrent l'oreille, puis dirent : "Nous avons certes entendu une Lecture [le Coran] merveilleuse, qui guide vers la droiture. Nous y avons cru, et nous n'associerons jamais personne à notre Seigneur. » (S72, V1-2). Cet effet de séduction a aussi concerné les arabes mecquois incrédules dont le désarroi face  au formidable pouvoir de pénétration des cœurs du Coran psalmodié est ainsi rapporté : « Et ceux qui avaient mécru dirent : "Ne prêtez pas l'oreille à ce Coran, et faites du chahut (pendant sa récitation) afin d'avoir le dessus". » (S41, V26). Du côté des croyants, l’effet du Coran sur le cœur et la peau suscite une attitude toute autre : « Dieu a fait descendre le plus beau des récits, un Livre dont [certains versets] se ressemblent et se répètent. Les peaux de ceux qui redoutent leur Seigneur frissonnent (à l'entendre); puis leurs peaux et leurs cœurs s'apaisent au rappel de Dieu. Voilà le [Livre] guide de Dieu par lequel Il guide qui Il veut. Mais quiconque Dieu égare n'a point de guide. » (S39, V23). 

Serviteurs d’Allah !

Il ne sied pas de considérer  le Coran comme  une révélation divine sans se poser la question des rapports que nous devons entretenir avec lui. Une première règle de bienséance réside dans la lecture et la méditation fréquente du texte : « [Voici] un Livre béni que Nous avons fait descendre vers toi, afin qu'ils méditent sur ses versets et que les doués d'intelligence réfléchissent ! » (S38, V29). Cette récitation du Coran n’est pas assimilable à un geste profane. Elle constitue une entrée dans l’univers divin et requiert d’emblée, un protocole crucial de protection contre Satan dont le seul but est de nous détourner d’Allah. Pour y arriver, Satan veut éviter coûte que coûte que nous entrions en contact avec le Coran qui, il le sait, nous indique le chemin de la bonne vie ici-bas et du salut dans l’au-delà.

Dans ce cadre, Razi, un des célèbres commentateurs du Coran a dit : « Le secret de la formule de protection (al isti’âzah) réside dans le fait que le lecteur recherche la protection du Tout-Puissant contre un préjudice. En effet, Satan se focalise le plus sur le lecteur du Coran pour l’en distraire. C’est parce-que, bien concentrée, la personne qui lit le Coran dans l’intention d’adorer le Miséricordieux médite inévitablement et profondément sur les promesses relatives à la félicité paradisiaque et les supplices réservés aux damnés. Ainsi, les versets qu’il récite le stimulent dans la voie de l’obéissance à Allah et de l’abstinence vis-à-vis de Ses interdits. C’est un tel état d’esprit qui fait de la lecture du Coran un acte cultuel d’une importance cruciale. Ce n’est donc pas par hasard, que le harcèlement de Satan s’accentue à ce moment précis, dans le but de perturber l’esprit du lecteur. Et naturellement, dans cette ambiance de tentation, le besoin de protection du fidèle de la part d’un Puissant contre les attaques répétées et furtives de Satan devient plus pressant. Telle est la sublime sagesse (hikmah) qui se cache derrière le recours à cette formule cultuelle de protection. »     

Qu’Allah nous bénisse par le Coran et nous aide à tirer pleinement profit de ses versets et du rappel qui s’y trouve ! Je demande à Allah pour moi et pour vous l’absolution de nos péchés.

Deuxième sermon

Louange à Allah ! Que les bénédictions et les salutations d’Allah soient sur le sceau des prophètes  صلى الله عليه وسلم

Serviteurs d’Allah !

A l’instar de tout acte cultuel, la sincérité (al ikhlâs) constitue la condition sine qua non d’acceptation de la part d’Allah. Appliqué à notre rapport au Coran, il convient de ne jamais oublier le destin malheureux de quiconque cherche autre qu’Allah dans sa lecture. Le hadith dit à ce propos : « (…) Un autre sera un homme qui a étudié la science religieuse puis l'a enseignée et qui récitait le Coran. On l'emmènera et Dieu lui fera voir les faveurs qu'Il lui a accordées et cet homme les reconnaîtra. Le Tout-Puissant dira : Comment en as-tu usé ? Il dira : J'ai étudié la science religieuse, je l'ai enseignée et j'ai récité le Coran pour Toi. Dieu lui dira : Tu mens ! Tu n'as étudié que pour qu'il soit dit à ton sujet : « il est savant » et tu n'as récité le Coran que pour qu'on dise à ton sujet : « C'est un récitant » et c'est ce qu'on a dit. Alors, il sera ordonné aux anges de le faire traîner par le visage jusqu'à ce qu'il soit jeté en Enfer. » (Muslim).

Une rétribution de dix bienfaits cultuels (hasanât) est rattachée à la prononciation de chaque lettre du Coran. Le prophète dit à ce propos : « Celui qui lit une lettre du Livre d’Allah aura une rétribution d’une hasanah, équivalente à dix bienfaits. Je ne dis pas alif-lâm-mîm compte pour une lettre, mais alif pour dix bienfaits, lâm pour dix bienfaits et mîm pour dix bienfaits. » (at-tirmizy). La lecture assidue du Coran comporte nombre de mérites dont ce que rapporte le hadith : « Lisez le Coran, il viendra intercéder en faveur de son compagnon le jour de la résurrection » (muslim). Si l’incitation à la lecture assidue du Coran ressort du Coran lui-même et des hadiths, à l’opposé, la négligence de la fréquentation du texte révélé comporte nombre de risques en termes de maladies spirituelles et morales. Rien d’extraordinaire à cela. En effet, l’oubli du lien avec le rappel qui passe par la médiation de la révélation est le ferment de la ruine du fils d’Adam. ). Parmi les règles de bienséance lors de la lecture du Coran, figure la psalmodie (Tadjwîd). C’est une partie intégrante du culte comme il ressort de ce hadith : « N’est pas de nous quiconque n’embellit pas sa voie en récitant le Coran » (Bukhâry)

 

Serviteurs d’Allah !

Le Coran est d’abord une source de guidance comme en témoignent ses différents noms qui se déclinent en houdan (direction), fourqane (discernement), nour (lumière), etc. : « (Ces jours sont) le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. » (S2, V185) Tout ceci fait que notre adhésion sincère à son message doit se traduire par l’adoption de ses enseignements comme mode de vie. C’est ainsi que répondant à une question sur la personnalité du sceau des prophètes, notre mère Aicha répondit : « Son comportement était inspiré du Coran ». Un autre rapport au Coran réside dans son apprentissage et sa compréhension dans le but de se changer soi-même et de porter le message à autrui. Le hadith dit : « Transmettez de moi, même si c’est un verset » REFERENCE

Seule la méditation permet d’échapper aux effets pervers d’une lecture routinière. C’est ainsi que le prophète (PSLF) s’arrêtait un moment en larmes sur les versets qui relatent le destin des damnés et se réjouissait en passant sur des versets qui relatent le destin des bienheureux. 

Serviteurs d’Allah !

Parler de récitation du Coran, c’est aussi parler de l’attitude qui est attendue de celui qui l’entend : « Quand tu ne leur apportes pas de miracles, ils disent : "Pourquoi ne l'inventes-tu pas ?" Dis : "Je ne fais que suivre ce qui m'est révélé de mon Seigneur. Ces [versets coraniques] sont des preuves illuminantes venant de votre Seigneur, un guide et une grâce pour des gens qui croient.
Et quand on récite le Coran, prêtez-lui l'oreille attentivement et observez le silence, afin que vous obteniez la miséricorde (de Dieu). » (S7, V203-204Seigneur ! Aide-nous à faire partie de tes serviteurs qui lisent et méditent fréquemment le Coran.

Seigneur ! Aide-nous à adopter un comportement conforme aux enseignements du Coran.

Seigneur ! Fais du Coran un argument en notre faveur et non en notre défaveur. 

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