vendredi 1 juillet 2022
Exhortation à la véracité et avertissement contre le mensonge

Exhortation à la véracité et avertissement contre le mensonge

Premier sermon

 Louange à Allah ! Nous Le louons, cherchons secours auprès de Lui et sollicitons son pardon. Nous nous réfugions auprès d’Allah contre nos mauvais penchants et nos mauvaises actions. Quiconque est guidé par Allah, rien ne pourra l’égarer et quiconque est abandonné par Allah, rien ne pourra le guider. Nous attestons qu’il n’y a de divinité qu’Allah sans associé et nous attestons que Muhammad (PSL) est son serviteur et dernier envoyé à toute l’humanité. Nous louons notre Seigneur qui a invité ses serviteurs à cultiver la véracité et à renoncer au mensonge. 

Serviteurs d’Allah !

La véracité est une vertu ô combien noble qui occupe une place de choix dans la foi et la morale musulmanes. Il y est demandé au fidèle serviteur d’Allah d’être véridique dans sa foi, ses dires et actes. Toute famille, toute société qui promeut la véracité et en fait un critère d’appréciation de ses membres a fait le choix de la paix et de la cohésion. Par contre, le mensonge est un vice que réprouve toute personne éprise de paix et de quiétude et qui peut semer zizanie, suspicion et méfiance insupportable entre les gens. En effet, si les gens ne parviennent plus à prendre pour vrai ce qu’ils se disent entre eux, la société se mue en une sorte de jungle où règnent la tromperie et la triche. L’habitude du mensonge installe un climat de perte de confiance interpersonnel et rend difficile la bonne entente.

Quiconque est véridique dans sa foi, ses dires et ses actes, occupe auprès d’Allah une place privilégiée et jouit d’un  grand respect fort mérité auprès des gens et même de ses ennemis. Ce fut le cas du sceau des prophètes à qui nul n’a jamais reproché le moindre mensonge. Le fidèle qui s’efforce d’établir une adéquation entre ce qu’il affirme de sa foi et ses propos et actes, rencontre le soutien d’Allah qui le pousse au plus haut sommet de la véracité et le fait jouir des fruits de cette vertu. A l’opposé, faire le choix du mensonge, c’est s’isoler d’Allah et accumuler les péchés issus de ce vice. La véracité est d’une telle importance que le prophète a déclaré sans valeur le jeûne du jeûneur qui ne s’abstient pas de proférer des faux témoignages : « Allah n’a aucun égard pour celui qui renonce à la nourriture et à la boisson (qui a jeûné) sans renoncer aux propos mensongers ». (Boukhary). Dans le même ordre d’idée, Abu Bakr rapporte que le prophète parla une fois de péchés majeurs en ces termes : « Voulez-vous que je vous indique les plus grands péchés ? Nous dîmes : Certes, oui. Il dit : Ce sont le fait de donner à Allah un associer, de ne pas respecter la piété filiale et de commettre un meurtre. Il était adossé puis se redressa en restant assis et dit : Mais c’est surtout le mensonge et le faux témoignage. Il n’a cessé de le répéter au point que nous disions : Pourvu qu’il s’arrête ! (Al-Bukharî)  

Le manque d’adéquation entre ce que prétend croire l’individu, ses propos et ses actes conduit celui-ci à la déchéance et au manque de crédit que le hadith appelle hypocrisie : « Il est quatre défauts qui font de celui qui les possède un parfait hypocrite. Celui qui en possède un est atteint d'une des caractéristiques de l'hypocrisie, à moins qu'il ne s'en débarrasse, à savoir: Tenir des propos mensongers; trahir ses serments; manquer à ses promesses et être de mauvaise foi au cours des disputes. » (Unanimement reconnu authentique). Il importe de savoir que sans véracité, rien ne prouve la vérité de la foi, car comme disait l’autre : « ce qui est important, ce n’est pas ce qu’un homme dit de sa foi, mais ce que la foi fait de lui. »

La foi véritable est nécessairement prouvée par la fidélité aux engagements qui en découlent, et les épreuves sont un moyen par lequel Allah distingue les serviteurs sincères des autres « qui disent par leur langue ce qui n’est pas dans leurs cœurs ». A ce propos, le Coran dit : « Alif, Lam, Mim. Est-ce que les gens pensent qu'on les laissera dire : "Nous croyons !" sans les éprouver. Certes, Nous avons éprouvé ceux qui ont vécu avant eux; [Ainsi] Dieu connaît ceux qui disent la vérité et ceux qui mentent. » (S29, V1-3) 

Frères et sœurs en la foi !

Le mensonge est un signe de profonde crise au sein de l’individu, voire d’une maladie spirituelle et morale qui incite son dépositaire à dire et agir dans le dessein de tromper autrui et même Dieu : « Parmi les gens, il y a ceux qui disent : "Nous croyons en Dieu et au Jour dernier !" tandis qu'en fait, ils n'y croient pas. Ils cherchent à tromper Dieu et les croyants; mais ils ne trompent qu'eux-mêmes, et ils ne s'en rendent pas compte. Il y a dans leurs cœurs une maladie (de doute et d'hypocrisie), et Dieu laisse croître leur maladie. Ils auront un châtiment douloureux, pour avoir menti. Et quand on leur dit : "Ne semez pas la corruption sur la terre", ils disent : "Au contraire nous ne sommes que des réformateurs !" Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s'en rendent pas compte. (S2, V9-11)

Derrière le mensonge se profile le choix de la trahison, la volonté d’induire autrui dans l’erreur et de donner de soi une image en porte à faux avec sa véritable personnalité. Un grand mensonge s’est réalisé dans le ciel quand Iblîs a prétendu être meilleur qu’Adam. D’autres grands mensonges ont été le fait des infidèles parmi les fils d’Israël, quand ils ont prétendu être les aimés de Dieu quoiqu’ils fassent « Dis : "Ô vous qui pratiquez le judaïsme ! Si vous prétendez être les bien aimés de Dieu à l'exclusion des autres, souhaitez donc la mort, si vous êtes véridiques". (S62, V6). Un grand mensonge a été proféré par les partisans d’un dieu qui engendre : « Certes, ils disent dans leur mensonge : "Dieu a engendré"; mais ce sont certainement des menteurs ! Aurait-Il choisi des filles de préférence à des fils ?
Qu'avez-vous donc à juger ainsi ? Ne réfléchissez-vous donc pas ?
Ou avez-vous un argument évident ? Apportez donc votre Livre si vous êtes véridiques ! » (S37, V152-157). La société tirerait un immense profit de la véracité de tous ses membres notamment de la véracité des détenteurs du pouvoir et du savoir, dans le cas contraire, elle court vers de graves tribulations dans le cas contraire. En effet, si le père de famille est véridique avec ses épouses et ses enfants, si les détenteurs des postes clés du pays sont véridiques avec les populations et respectent le dépôt des ayants droits, si les savants et enseignants le sont avec les apprenants, les ainés avec les jeunes, alors on est en droit d’espérer la miséricorde et le secours d’Allah.

Proférer des mensonges reste une option tellement facile que si le serviteur n’est pas vigilant, il peut, de façon insidieuse, s’y adonner et finir par ne plus s’en passer. Tout en reconnaissant qu’il n’est pas facile de s’approprier la vertu de véracité, le serviteur qui le veut doit s’efforcer de l’être même pour ce qui pourrait sembler insignifiant et alors il méritera le soutien de son Seigneur. Cette lutte inlassable pour la véracité et contre le mensonge est la voie indiquée par ces propos du prophète صلى الله عليه وسلم , rapportés par Ibn Mas'ud (que Dieu lui accorde Sa satisfaction): "La véracité mène aux œuvres de bien et les œuvres de bien mènent au Paradis. Quand l’individu s’efforce d’être véridique, il finit par être mentionné auprès de Dieu sous le statut de véridique. Le mensonge mène aux mauvaises actions (à la rébellion contre Dieu) et les mauvaises actions mènent en Enfer. L'homme ne cesse de mentir jusqu'à ce qu'il soit mentionné auprès de Dieu comme menteur". (Hadith unanimement reconnu authentique)

La véracité est un trait de caractère chez tous les envoyés d’Allah, et le dernier d’entre eux et le plus grand, Mouhammad (PSL) jouissait de la plus haute estime  de la part de son entourage et même de ses ennemis et détracteurs les plus farouches grâce à ce trait de caractère. En effet, le prophète qui a déclaré être envoyé pour parfaire les nobles caractères fut un exemple sublime de véracité. Dans cette optique, le Coran a immortalisé l’exemplarité de l’envoyé d’Allah Ismail en la matière : « Et mentionne Ismaël, dans le Livre. Il était fidèle à ses promesses; et c'était un Messager et un prophète. Et il commandait à sa famille la prière et la Zakat; et il était agréé auprès de son Seigneur. » (S19, V54-55).  

Nombreux sont les enseignements du prophète qui attirent notre attention sur les méfaits de la langue. Il est même recommandé à quiconque croit détenir la vérité, de garder le silence pour éviter la discorde. Que dire alors de l’individu qui profère des mensonges pour créer la zizanie, ou faire porter la responsabilité de ses fautes à d’autres ? C’est pour montrer l’importance de la véracité des propos, que le prophète dit : « Que celui qui croit en Allâh et au Jugement Dernier parle donc sagement, ou qu'il se taise; que celui qui croit en Allâh et au Jugement Dernier, traite donc bien son voisin; que celui qui croit en Allâh et au Jugement Dernier, traite donc bien son hôte » (Boukhary, Mouslim). Dans un autre hadith, le prophète fait de la bonne tenue de la langue un critère de bonne moralité et de confiance par rapport aux autres membres de la communauté : « Le musulman est celui dont les autres musulmans ne redoute ni la langue ni la main, et l'émigré est celui qui fuit ce qu'Allah a interdit » (Bukhârî).

    

Qu’Allah nous bénisse par le Coran et nous aide à tirer pleinement profit de ses versets et du rappel qui s’y trouve ! Je demande à Allah pour moi et pour vous l’absolution de nos péchés.

Deuxième sermon

Louange à Allah qui a ordonné à ses serviteurs de parler avec justesse : « Ô vous qui croyez ! Craignez Dieu et parlez avec droiture. Afin qu'Il améliore vos actions et vous pardonne vos péchés. Quiconque obéit à Dieu et à Son messager obtient certes une grande réussite. » (S33, V70-71). Que les bénédictions et les salutations du prophète soient sur le sceau des prophètes Muhammad صلى الله عليه وسلم  

Serviteurs d’Allah !

Le Coran insiste sur la traduction de l’attestation de foi à travers des attitudes et actes déclinés dans le verset suivant et qui sont le propre des véridiques : « La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Dieu, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, de donner de son bien, quelqu'amour qu'on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l'aide et pour délier les jougs, d'accomplir la Salat et d'acquitter la Zakat. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu'ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux ! » (S2, V177).

Ainsi, il apparait que le pilier de la foi est la véracité, lors que le pilier de l’hypocrisie est le mensonge. Les véridiques auront une vie de quiétude spirituelle et morale ici-bas, mais c’est dans l’au-delà qu’ils recevront pleinement la récompense à eux réservée par Allah : « Dieu dira : "Voilà le jour où leur véracité va profiter aux véridiques : ils auront des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux pour y demeurer éternellement." Dieu les a agréés et eux L'ont agréé. Voilà l'énorme succès. » (S5, V119). Les véridiques ont atteint un degré de  piété sublime, ce qui leur vaut d’être les voisins des prophètes, martyrs et autres pieux personnages : « Quiconque obéit à Dieu et au Messager... ceux-là seront avec ceux que Dieu a comblés de Ses bienfaits : les prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux. Et quels compagnons que ceux-là ! » (S4, V69) 

Serviteurs d’Allah !

Être véridique requiert une vigilance constante pour être à la hauteur des enseignements islamiques en la matière dans tous les domaines de la vie. Un des indicateurs de la véracité chez le musulman réside dans le respect des engagements, al amânah. Tout engagement portant sur un objet licite en relève y compris le respect de la parole donnée et des rendez-vous que nombre de musulmans négligent croyant peut-être que cela ne porte pas à conséquence. Pourtant ce non respect des rendez-vous est une faute vis-à-vis d’Allah et de soi-même. C’est aussi une injustice et un préjudice vis-à-vis d’autrui. Le prophète n’a-t-il pas dit : « Ne lésez personne et ne soyez pas lésé » REFERENCE

Parmi les signes d’Amanah chez le musulman qui a une responsabilité publique, c’est de mener à bien les missions que ses mandataires lui ont assignées avec compétence, diligence et équité. A ce propos, le Coran dit : « Certes, Dieu vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants-droit, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité. Quelle bonne exhortation que Dieu vous fait ! Dieu est, en vérité, Celui qui entend et qui voit tout. » (S4, V58). En citant les vertus des serviteurs qui seront les héritiers du paradis firdaws, le Coran mentionnent le respect des engagements : « Bienheureux sont certes les croyants, ceux qui sont humbles dans leur Salat, qui se détournent des futilités,
 qui s'acquittent de la Zakat, et qui préservent leurs sexes [de tout rapport],
si ce n'est qu'avec leurs épouses ou les esclaves qu'ils possèdent, car là vraiment, on ne peut les blâmer; alors que ceux qui cherchent au-delà de ces limites sont des transgresseurs; et qui veillent à la sauvegarde des dépôts confiés à eux et honorent leurs engagements, et qui observent strictement leur Salat. » (S23, V2-9)

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