lundi 12 avril 2021
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A propos de la fête de la rupture du jeûne de Ramadan

A propos de la fête de la rupture du jeûne de Ramadan

Premier sermon

Allahou akbar ! La ilaha illallah ! allahou akbar walillahil hamd !

Allahou akbar kabîrâ walhamdulillâhi kathîrâ wa soubhânallahi bukratan wa athîlâ (formule à répéter plusieurs fois lors des deux sermons)

Louange à Allah ! Nous Le louons, cherchons secours auprès de Lui et sollicitons son pardon. Nous nous réfugions auprès d’Allah contre nos mauvais penchants et nos mauvaises actions. Quiconque est guidé par Allah, rien ne pourra l’égarer et quiconque est abandonné par Allah, rien ne pourra le guider. Nous attestons qu’il n’y a de divinité qu’Allah sans associé et nous attestons que Mouhammad (PSL) est son serviteur et dernier envoyé à toute l’humanité. Nous sommes reconnaissants à Notre Seigneur qui nous a donnés des bienfaits inestimables dont le jeûne de ramadan et la fête de rupture. 

Serviteurs d’Allah !

Chaque peuple s’est donné des traditions et des fêtes qu’il respecte et honore régulièrement par des pratiques sacralisées et populaires. A l’avènement du sceau des prophètes صلى الله عليه وسلم son peuple s’adonnait à toutes sortes de festivités pour rendre hommage à leurs fausses divinités, se pavanant tout nus tellement leur égarement était profond. Après 13 années de prédication laborieuse jalonnée de tribulations de toutes sortes et marquée par la petitesse du nombre et la faiblesse des moyens, le prophète (PSLF) et ses compagnons reçurent l’ordre d’émigrer vers yathrib, future Médine. C’est ce que l’histoire retiendra sous le nom d’hégire. A Médine, les habitants avaient deux fêtes qu’ils respectaient scrupuleusement à travers des animations populaires. Le prophète leur dit alors : « Vous aviez l’habitude de fêter deux jours. Allah vous a donné en échange mieux que cela ; le jour de la rupture (du jeûne) et le jour du sacrifice. » (Abu dawud)

Serviteurs d’Allah !

Ce sermon est consacré à la fête de la rupture du jeûne. Malheureusement, un des indicateurs de la crise de compréhension chez les musulmans, c’est que nombre d’enseignements importants liés à cette fête ne sont dits par les imams que le jour même de la prière de rupture. Ce qui fait que les musulmans qui n’avaient pas eu l’information avant, ratent ou négligent des pratiques importantes en la matière. Cette fête comporte des pratiques qui, toutes, font ressortir la beauté de la religion islamique. En effet, elle associe adoration, reconnaissance, solidarité et réjouissance mondaine licite. Cette fête est instituée par Allah et le prophète a montré dans sa sunnah pure comment la célébrer. Elle intervient pour clôturer le jeûne de ramadan avec tout ce que ce mois singulier a comporté en termes d’opportunités offertes par Allah à ses serviteurs pour se rapprocher de Lui. Tout ceci, conformément aux enseignements du hadith qudsy : « Celui qui s’en prend à l’un de Mes alliés, Je lui déclare la guerre. Et Mon serviteur ne s’approche de Moi que par ce que j’aime le plus, accomplir ce que Je lui ai prescrit. Et Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par les actes surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime. Au moment où Je l’aime, Je suis l’oreille avec laquelle il entend, l’œil avec lequel il voit, la main par laquelle il prend, le pied par lequel il marche. S’il Me demande, je lui donne. S’il cherche refuge, Je le lui accorde… » (Boukhâry)

La dimension solidaire apparait à travers l’obligation cultuelle de donner l’aumône de fin de jeûne au plus tard avant la prière célébrée le matin du premier jour du mois de chawwal qui succède au mois de Ramadan. Ceci incite à la solidarité agissante à l’égard des démunis et fait le lien entre culte et société, aimer Allah en servant ses prochains : « La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Dieu, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, de donner de son bien, quelqu'amour qu'on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l'aide et pour délier les jougs, d'accomplir la Salat et d'acquitter la Zakat. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu'ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux ! » (S2, V177).

Deuxième acte structurant de cette fête : l’accomplissement de la prière communautaire dans un lieu spacieux et propre en dehors des habitations. C’est vraiment une prière communautaire au sens où tout le monde est encouragé à y participer, hommes, femmes et enfants. Du temps du prophète (PSLF), même les femmes en état d’impureté rituelle venaient au lieu de prière, écoutaient le sermon, donnaient de l’aumône, etc.

Frères et sœurs en la foi !

Parmi les pratiques recommandées de cette fête, la déclamation de la grandeur d’Allah, du crépuscule de la veille du jour de fête jusqu’au moment de la prière. Cette déclamation se fait à travers des formules instituées comme « Allâhou akbar, Allâhou akbar, lâ ilâha illallah, wallâhou akbar, allâhou akbar, walillâhil hamd ». Il est recommandé aux hommes de psalmodier à haute voix ces formules à domicile, dans les rues et dans les marchés en guise d’adoration d’Allah et de reconnaissance pour Ses bienfaits : « (Ces jours sont) le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Donc quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu'il jeûne ! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu'il jeûne un nombre égal d'autres jours. - Dieu veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur de Dieu pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants ! » (S2, V185).   

Une autre règle de bienséance liée au jour de la fête de rupture du jeûne est liée aux aspects de propreté rituelle, d’hygiène corporelle et de beauté vestimentaire. Chacun se doit de faire le grand lavage (ghousl), de porter ses plus beaux habits pas forcément neufs, de couleur blanche comme premier choix, et de se parfumer. Le tout en évitant l’ostentation et le superflu.

Dans le même registre, un autre verset dit : « Ô enfants d'Adam, dans chaque lieu de Salat portez votre parure (vos habits). Et mangez et buvez; et ne commettez pas d'excès, car Il [Dieu] n'aime pas ceux qui commettent des excès. Dis : "Qui a interdit la parure de Dieu, qu'Il a produite pour Ses serviteurs, ainsi que les bonnes nourritures ?" Dis : "Elles sont destinées à ceux qui ont la foi, dans cette vie, et exclusivement à eux au Jour de la Résurrection." Ainsi exposons-Nous clairement les versets pour les gens qui savent. » (S7, V31-32). Il sied aussi de bien montrer qu’on n’est plus en jeûne en mangeant quelques dattes selon un nombre impair conformément à la pratique du prophète (PSLF). Si des dattes ne sont pas disponibles, on consomme quelque chose de sucré à la place. Ensuite on se rend à la place de la prière pour la célébrer en communauté et écouter le sermon de l’Imam. Après la prière, il est licite de se congratuler, de se faire des vœux et de se demander mutuellement pardon.

Qu’Allah nous bénisse par le Coran et nous aide à tirer pleinement profit de ses versets et du rappel qui s’y trouve ! Je demande à Allah pour moi et pour vous l’absolution de nos péchés.

Deuxième sermon

Louange à Allah ! Que Sa bénédiction et Ses salutations soient sur le prophète.

La déclamation des formules déjà mentionnées, plus haut, prend fin à l’arrivée de l’Imam. Celui-ci va diriger la prière qui ne comporte pas d’appel ni de rappel. Contrairement au vendredi, pour cette prière, l’Imam commence par une prière de deux unités (Rak’ah) et délivre immédiatement après, un sermon. La récitation se fait à haute voix et l’Imam s’inspire de la pratique du prophète (PSLF) en choisissant les sourates que ce dernier avait coutume de réciter en cette occasion comme la sourate « Sabbih » (S87) à la première unité de prière et « ghâchiyah » (Sourate88) à la deuxième. Lors de ce sermon, il convient de rappeler que l’adoration d’Allah ne se limite ni au jeûne ni au mois de ramadan : « Glorifie donc Ton Seigneur par Sa louange et sois de ceux qui se prosternent. Et adore ton Seigneur jusqu'à ce que te vienne la certitude (la mort). » (S15, V98-99). 

L’Imam répète fréquemment durant le sermon, les formules de déclamation de la grandeur d’Allah et de Sa louange mentionnées plus haut. Il s’agit aussi d’encourager les fidèles à poursuivre les efforts cultuels dans le temps post ramadan. Le meilleur acte d’adoration auprès d’Allah est le constant, peu importe la quantité dit le hadith. L’Imam rappelle aussi la recommandation de jeûner six jours du mois de chawwal qui succède immédiatement à celui du ramadan : « Celui qui jeûne 6 jours après la rupture du jeûne est comme s'il avait jeûné toute l'année», puis il (le prophète) récita le verset : « Celui qui vient avec une bonne action aura dix fois son équivalent » (S6, V160) (hadith rapporté par Nasai et Ibn Maja)

De même, il rappelle qu’il y a encore d’autres jeûnes surérogatoires recommandés tels que les trois jours de pleine lune (13, 14 et 15) de chaque mois lunaire ; les lundis et jeudis de chaque semaine, le jour de la station d’Arafat pour les non pèlerins. Tous les bénéfices à tirer de la pratique des prières obligatoires à l’heure prescrite et surérogatoires avant et/ou après celles-ci selon les cas, et particulièrement la prière nocturne sont à rappeler à l’assemblée. Le contact avec le Coran ne doit pas être rompu après le ramadan. Il sied de s’organiser pour lire régulièrement le Coran même en petite quantité, l’essentiel étant de rester constant. De même, la pratique de l’aumône doit être poursuivie aussi bien pour en tirer les bénéfices spirituels que parce que les difficultés des plus démunis ne disparaissent pas tout d’un coup après le ramadan. La lutte que nous avons menée contre les méfaits de la langue doit aussi se poursuivre. En revenant, il est recommandé, dans la mesure du possible, de prendre un chemin  différent de l’aller pour bénéficier du témoignage de tout ce que nos pas ont foulé le jour de la résurrection. Au retour à la maison, il convient de susciter une ambiance de réjouissance. Dans ce cadre, il est bon d’améliorer le repas, de disposer de boisson délicieuse, d’inviter des amis, etc., le tout dans le licite.

Seigneur ! Aide-nous à être constant dans ton adoration.

Seigneur ! Compte-nous parmi Tes serviteurs qui célèbrent cette fête comme tu l’agrées.     

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