lundi 12 avril 2021
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De l’importance de la sincérité vis-à-vis d’Allah

De l’importance de la sincérité vis-à-vis d’Allah

Premier sermon

Louange à Allah ! Nous Le louons, cherchons secours auprès de Lui et sollicitons son pardon. Nous nous réfugions auprès d’Allah contre nos mauvais penchants et nos mauvaises actions. Quiconque est guidé par Allah, rien ne pourra l’égarer et quiconque est abandonné par Allah, rien ne pourra le guider. Nous attestons qu’il n’y a de divinité qu’Allah sans associé et nous attestons que Mouhammad (PSL) est son serviteur et envoyé. Nous louons notre Seigneur qui a commandé La sincérité, al ikhlâs à ses serviteurs et réprouvé l’ostentation et la recherche de la satisfaction des créatures au détriment de Son agrément. « Pourtant, il ne leur fut ordonné que d'adorer Dieu, de lui vouer un culte pur, en monothéistes sincères, d'accomplir la prière, de s'acquitter de l'aumône, car telle est la religion de la parfaite orthodoxie. » (S98, V25).     

Serviteurs d’Allah!

Redoublez d’efforts dans l’appropriation d’une vertu cardinale qui est à la base de l’acceptation des actes d’adoration, à savoir, la sincérité « al ikhlâs ». En effet, frères et sœurs en la foi, sans cet élan du cœur qui incite le fidèle musulman à ne parler et agir que pour rechercher l’agrément d’Allah, son action sera vaine dans l’au-delà et trompeuse ici-bas. A ce propos, Oumar ibnoul khattab, compagnon du prophète (PSL) et deuxième khalif des musulmans rapporta ce propos du prophète : « Certes, les actions ne valent que par les intentions qui les sous-tendent. Pour tout acte accompli, la valeur sera  déterminée en fonction de l’intention de l’auteur. » (Boukhary)

 C’est ainsi que l’intention permet de distinguer entre l’acte profane et l’acte cultuel mais aussi, de différencier les fidèles dans l’accomplissement des actes cultuels selon le degré de sincérité dont ils font montre à l’égard d’Allah. Dans ce cadre, il importe d’être vigilant sur nos motivations, en n’oubliant jamais que si l’action est un corps, c’est la bonne intention qui en est l’âme. C’est pourquoi, dans le même hadith mentionné plus haut, le prophète poursuit : « Celui qui émigre pour Allah et son envoyé, son émigration lui sera comptée comme étant pour Dieu et son prophète. Par contre, quiconque émigre pour obtenir un bien de ce bas-monde ou épouser une femme, alors son émigration sera considérée en fonction de ce pourquoi il a émigré. » (Boukhâry, Mouslim). Ce hadith illustre bien l’importance du « ikhlâs » en Islam. Malgré les tribulations de toutes sortes inhérentes à l’émigration, le hadith affirme que c’est l’intention qui sera déterminante. 

A partir de trois actes parmi les plus importants en matière de culte, un hadith montre que l’intention détournée vers autre qu’Allah fait que les auteurs auront la rétribution qu’ils méritent, à savoir, l’appréciation des gens de ce monde ici-bas. Malheureusement pour les auteurs de ces actes prétendus nobles en soi, ils n’obtiendront rien d’Allah dans l’au-delà, sinon l’opprobre (qu’Allah nous en préserve). D'après Abu Hurayrah, le Messager de Dieu a dit : Le premier homme à rendre des comptes le Jour de la Résurrection est un homme tombé en martyr. On l'emmènera et Dieu lui fera voir les faveurs qu'Il lui a accordées et cet homme les reconnaîtra. Le Tout-Puissant dira : Comment en as-tu usé ? L'homme dira : J'ai combattu pour Toi jusqu'à ce que je sois tué en martyr. Dieu lui dira : Tu mens ! Tu n'as combattu que pour qu'on dise à ton sujet : « Il est courageux » et c'est ce qu'on a dit. Alors, il sera ordonné aux anges de le faire traîner par le visage jusqu'à ce qu'il soit jeté en Enfer.

Un autre sera un homme qui a étudié la science religieuse puis l'a enseignée et qui récitait le Coran. On l'emmènera et Dieu lui fera voir les faveurs qu'Il lui a accordées et cet homme les reconnaîtra. Le Tout-Puissant dira : Comment en as-tu usé ? Il dira : J'ai étudié la science religieuse, je l'ai enseignée et j'ai récité le Coran pour Toi. Dieu lui dira : Tu mens ! Tu n'as étudié que pour qu'il soit dit à ton sujet : « il est savant » et tu n'as récité le Coran que pour qu'on dise à ton sujet : « C'est un récitant » et c'est ce qu'on a dit. Alors, il sera ordonné aux anges de le faire traîner par le visage jusqu'à ce qu'il soit jeté en Enfer.

 Un autre sera un homme que Dieu a enrichi et à qui Il a donné toutes sortes de biens. On l'emmènera et Dieu lui fera voir les faveurs qu'Il lui a accordées et cet homme les reconnaîtra. Le Tout-Puissant dira : Comment en as-tu usé ? Il dira : Je n'ai laissé aucune voie dans laquelle Tu aimes qu'on dépense son argent sans y avoir dépensé pour te plaire. Dieu lui dira : Tu mens ! Tu n'as agi de la sorte que pour qu'il soit dit à ton sujet : « Il est généreux », et c'est ce qu'on a dit. Alors, il sera ordonné aux anges de le faire traîner par le visage jusqu'à ce qu'il soit jeté en Enfer. (Rapporté par Muslim - aussi par at-Tirmidhi et an-Nasa'i).

Une des leçons à retenir de ce hadith est que le riya (entendez-moi, voyez-moi) peut s’emparer de l’individu et l’inciter à déployer les efforts les plus éprouvants jusqu’au sacrifice de sa vie, en raison de la séduction de Satan qui a embelli ses intentions dévoyées.     

Serviteurs d’Allah !

Il faut accorder l’importance qui sied aux motivations qui président à nos actions. Le Coran établit deux groupes de personnes selon leurs intentions : les perdants qui ont cherché le clinquant du monde avec passion et les bienheureux qui ont cherché l’au-delà, c'est-à-dire la face d’Allah. Par anticipation, le Coran annonce que la fausseté des intentions fera que les actes des infidèles seront transformés en poussière le jour du jugement dernier : « Et ceux qui n'espèrent pas Nous rencontrer disent : "Si seulement on avait fait descendre sur nous des Anges ou si nous pouvions voir notre Seigneur! " En effet, ils se sont enflés d'orgueil en eux-mêmes, et ont dépassé les limites de l'arrogance. Le jour où ils verront les Anges, ce ne sera pas une bonne nouvelle, ce jour-là, pour les injustes, ils (les Anges) diront : "Barrage totalement défendu" ! Nous avons considéré l'œuvre qu'ils ont accomplie et Nous l'avons réduite en poussière éparpillée. » (S77, V21-23). Ceux dont l’intention reste prisonnière des gains du monde ici-bas, obtiendront une récompense digne de ce monde en rien comparable à celle réservée aux sincères vis-à-vis d’Allah dans l’au-delà. « Ceux qui veulent la vie présente avec sa parure, Nous les rétribuerons exactement selon leurs actions sur terre, sans que rien leur en soit diminué. Ceux-là qui n'ont rien, dans l'au-delà, que le Feu. Ceux qu'ils auront fait ici-bas sera un échec, et sera vain ce qu'ils auront œuvré. » (S11, V15-16).

Serviteurs d’Allah !

Pour être agréés par notre Seigneur Allah, les actes du fidèle musulman doivent respecter deux conditions sine qua none : être exclusivement destinés à Lui et s’inscrire dans la voie tracée par le sceau des prophètes. Le Coran dit à ce propos : « Béni soit celui dans la main de qui est la royauté, et Il est Omnipotent. Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver (et de savoir) qui de vous est le meilleur en œuvre, et c'est Lui le Puissant, le Pardonneur. » (S67, V1-2) Ce verset montre bien que la bonne action ne l’est dans les critères de validation cultuelle qu’en fonction de la motivation. En effet, à propos des termes coraniques « Ahsanou ‘amalan », bel-agir, les savants parmi nos pieux prédécesseurs faisaient le commentaire suivant : sincère et conforme. C’est dire que l’action est bonne et pieuse lorsque qu’elle est destinée exclusivement à Allah et lorsqu’elle est conforme à la pratique du prophète en la matière.

C’est ainsi que pour un même acte d’adoration, des musulmans qui prient par exemple ou donnent l’aumône, leur rétribution au sens cultuel du terme, sera différente selon le degré de pureté de l’intention et de crainte révérencielle qui sous-tendent ces actions. Tenant compte de tout ce qui précède, le fidèle musulman se doit d’être vigilant et éviter que ses actions cultuelles au sens large du terme ne soient corrompues par ce qui brûle les bonnes actions, à savoir le « riyâ ». 

Serviteurs d’Allah !

Le riyâ renvoie à toute forme d’ostentation par laquelle l’individu cherche à travers l’accomplissement d’une action pieuse en soi, à se faire voir ou entendre et glorifié par ses prochains, soit uniquement par ceux-ci, soit à la fois par ceux-ci et par Allah. Ce vice spirituel, peut dominer l’individu jusqu’à l’inciter à déployer beaucoup d’efforts y compris donner sa vie rien que pour la gloriole comme le montre l’exemple des trois individus cités dans le hadith susmentionné. Dans le même ordre d’idée, le prophète dit : « Ce que je redoute le plus pour vous c’est le chirk asghar (idolâtrie mineure). C’est quoi le chirk asghar demandèrent les compagnons. C’est l’ostentation répondit l’envoyé d’Allah. » (Rapporté par Ahmed). Nombreux sont les versets et hadith qui attirent l’attention des fidèles musulmans sur les dangers de l’ostentation qui détruisent l’action et éloigne son auteur d’Allah. La sourate kahf (la caverne) se termine par cet appel vibrant : « Dis : "Je suis en fait un être humain comme vous. Il m'a été révélé que votre Dieu est un Dieu unique ! Quiconque, donc, espère rencontrer son Seigneur, qu'il fasse de bonnes actions et qu'il n'associe dans son adoration aucun à son Seigneur". (S18, V110).

Dans la sourate la vache, une parabole hautement instructive décrit la destinée de toute dépense destinée à autre qu’Allah : « Ceux qui dépensent leur biens dans le sentier de Dieu ressemblent à un grain d'où naissent sept épis, à cent grains l'épi. Car Dieu multiplie la récompense à qui Il veut et la grâce de Dieu est immense, et Il est Omniscient. Ceux qui dépensent leurs biens dans le sentier de Dieu sans faire suivre leurs largesses ni d'un rappel ni d'un tort, auront leur récompense auprès de leur Seigneur. Nulle crainte pour eux, et ils ne seront point affligés. Une parole agréable et un pardon valent mieux qu'une aumône suivie d'un tort. Dieu n'a besoin de rien, et Il est indulgent. Ô les croyants ! N'annulez pas vos aumônes par un rappel ou un tort, comme celui qui dépense son bien par ostentation devant les gens sans croire en Dieu et au Jour dernier. Il ressemble à un rocher recouvert de terre; qu'une averse l'atteigne, elle le laisse dénué. De pareils hommes ne tireront aucun profit de leurs actes. Et Dieu ne guide pas les gens mécréants.

Et ceux qui dépensent leurs biens cherchant l'agrément de Dieu, et bien rassurés (de Sa récompense), ils ressemblent à un jardin sur une colline. Qu'une averse l'atteigne, il double ses fruits; à défaut d'une averse qui l'atteint, c'est la rosée. Et Dieu voit parfaitement ce que vous faites. » (S2, V261-265).

Qu’Allah nous bénisse par le Coran et nous aide à tirer pleinement profit de ses versets et du rappel qui s’y trouve ! Je demande à Allah pour moi et pour vous l’absolution de nos péchés.

Deuxième sermon

Serviteurs d’Allah !

Quand le croyant s’approprie cette vertu ô combien sublime de sincérité, il s’élève à un haut degré de spiritualité en ce qu’il n’est mû que par la recherche de l’agrément d’Allah. Cet objectif fait de lui un être spirituellement et moralement bon. La société a tout à gagner avec des individus imbus de sincérité vis-à-vis d’Allah. Les sincères représentent un groupe de privilégiés qui dominent la propension à l’ostentation pour orienter toutes leurs pensées, paroles et actions vers l’agrément d’Allah. En raison de cette sublime motivation, les sincères sont des individus qui s’efforcent à inscrire leurs actions dans le juste, le vrai, le beau et le bien. 

Serviteurs d’Allah !

L’intention sincère est tellement puissante qu’elle peut procurer la récompense à son auteur en lieu et place d’un acte qu’il n’a pu accomplir. A ce propos, le compagnon dénommé Djabir rapporte : « j’étais avec le prophète dans une expédition lorsqu’il déclara : « Certains hommes sont restés à Médine et pourtant, il n’est pas un pouce de chemin parcouru ni une vallée qui n’ait été traversée, sans qu’ils n’aient été avec vous : c’est la maladie qui les a retenus !” » On trouve dans une autre version : « sans qu’ils ne partagent votre récompense. » (Mouslim). Dans une variante de Boukrâry, il est dit : « Nous avons laissé derrière nous des hommes à Médine. Or, nous n’avons pas emprunté un chemin ni traversé une vallée sans qu’ils n’aient été avec nous. Ils ont été retenus (là-bas) pour des motifs valables. »

Sincérité rime avec humilité à tel enseigne que le prophète a cité parmi les protégés d’Allah sous son ombre, le jour du jugement dernier, le généreux qui donne l’aumône par la main droite sans que sa main gauche ne s’en rende compte. La sincérité est le secret de la réussite, la preuve de la victoire spirituelle et le garant du secours d’Allah chaque fois que de besoin. C’est ainsi que le fidèle musulman doit rester vigilant et se surveiller constamment pour vérifier que ses paroles et actes occultes et apparents sont inscrits dans la recherche exclusive de l’agrément d’Allah. C’est une modalité de ce qu’on appelle « al mourâqabah » dans la terminologie de l’éducation spirituelle musulmane.

Autant l’exhortation à la sincérité vis-à-vis d’Allah est insistante, autant la réprobation est forte à l’égard des hypocrites et autres insincères. Maintes fois, le Coran dénoncent la tromperie de ces faux dévots qui, atteints d’une maladie spirituelle grave pensent qu’ils peuvent même tromper Dieu : « Parmi les gens, il y a ceux qui disent : "Nous croyons en Dieu et au Jour dernier !" tandis qu'en fait, ils n'y croient pas. Ils cherchent à tromper Dieu et les croyants; mais ils ne trompent qu'eux-mêmes, et ils ne s'en rendent pas compte. Il y a dans leurs cœurs une maladie (de doute et d'hypocrisie), et Dieu laisse croître leur maladie. Ils auront un châtiment douloureux, pour avoir menti. (S2, V8-10). 

Pour combattre la propension à l’ostentation, le croyant se dit que les flatteries des gens, la popularité et consorts sont éphémères et trompeurs comparés à ce qui attend les sincères en termes d’agrément de Dieu dans l’au-delà, mais aussi de quiétude dans la vie ici-bas. Pour finir, en droite ligne du Coran et de la sounnah, rien n’est pus à même de protéger le musulman du riya tant redouté par le prophète que l’invocation sincère. C’est ainsi qu’il implorait régulièrement notre Seigneur en ces termes : « O Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre le fait de TE donner des associés inconsciemment, et je te demande pardon pour ce que je ne sais pas. » (Hadith authentique).

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