vendredi 4 décembre 2020
×

Avertissement

JUser::_load : impossible de charger l'utilisateur ayant l'ID 346

Paix sur vous

J'invite qui le peut à rejoindre "Aar linu book" au rassemblement prévu ce vendredi 14 juin 2019 à la place de l'obélisque à partir de 14h (compte sera tenu de la prière du vendredi) Ce pourrait être un déclic fort pour un concensus pertinent et vraiment national sur la bonne gouvernance des ressources naturelles y compris le foncier de notre cher pays.

C'est aussi une façon de montrer que nous sommes appropriés de façon responsable des nouveaux droits sur l'environnement et les ressources naturelles consacrés par la constitution revisée sur l'initiative du président Macky Sall lors du dernier référendum.

Personne ne devrait avoir peur de venir, de même que le pouvoir aussi ne devrait avoir peur d'écouter les voix du peuple au nom de qui il gouverne, sur ces questions d'une importance capitale pour le Sénégal d'aujourd'hui et de demain.

Bien à vous

Paix sur vous

La méditation transcendantale (ou MT) est une marque déposée de relaxation et de développement personnel dérivée d'une pratique spirituelle indienne introduite en Occident en 1955 par Maharishi Mahesh Yogi (1917-2008).

Son effet sur la santé n'est pas scientifiquement démontré à ce jour, et les analyses de synthèse des recherches existantes ne permettent pas de démontrer une efficacité supérieure à celles des autres formes de méditation

Selon le mouvement de la méditation transcendantale, cette méditation aurait la capacité de générer un état de conscience que le Maharishi a baptisé « éveil au repos » et qui produit « un état physiologique plus ordonné, un relâchement de tension, et un accroissement de "l'intelligence créatrice" », ce dernier effet supposé reposant sur un concept central dans sa vision du monde : dans cette méditation, l'usage du mantra permettrait à l'esprit de se diriger vers un « état de silence infini » et de « pure félicité » appelé « conscience pure », équivalent au Soi de certaines traditions spirituelles

En 2004, Canter et Ernst ont examiné cinq études sur les effets de la méditation transcendantale sur la tension artérielle. Ils concluent qu'il n'y a « pas suffisamment de preuves de qualité pour conclure si oui ou non la MT a un effet cumulatif positif sur la pression artérielle », précisant que les recherches publiées comportaient d'importantes lacunes méthodologiques et étaient potentiellement biaisées par l'affiliation des auteurs à l'organisation de la MT. Voir lien https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9ditation_transcendantale

Le musulman se méfie de ce recyclage de pratiques à l’origine religieuse voire idolâtre étrangère à son esprit et à son dogme. C’est le cas de ce qui est maintenant appelé « technique mentale », ce qui laisse supposer que la MT a été déconnectée de ses racines qui se trouvent dans la tradition védique ancienne de l’Inde. Il faudra le prouver. 

En islam, il y a deux principes incontournables pour s’assurer qu’on reste dans ses enseignements fondamentaux : la rabbaniya et la shumuliya. Le premier terme renvoie à ceci que la source de l’islam est divine, donc pure et infaillible et le second, qu’en tout il faut que les enseignements de l’islam guident notre action. Il ne faut jamais perdre de vue ces deux exigences au risque d’avoir un destin de feuille morte et d’être emporté par tous les vents.

En matière de tout ce qui est qualifié de mental et spirituel, le musulman devrait se méfier de tout ce qui n’est pas validé dans le cadre de ce qu’enseignent le dogme et le culte de l’islam.

Dans ce cadre, il devrait se suffire des pratiques cultuelles de lecture/récitation du Coran, de Zikr selon ce que la sunna enseigne au quotidien, de prières obligatoires et surérogatoires (nafila), notamment nocturnes (moment de ferveur privilégiée), etc.

J’ai de fortes réserves sur cette « technique mentale » de la MT dans laquelle on se concentre sans nous dire sur quoi on fixe notre attention. Est-ce qu’on récite quelque chose, si oui quoi ?

Je ne demanderai à aucun musulman ou musulmane surtout les jeunes de participer à ce genre d’organisation et de pratiquer ces « techniques » dites mentales, spirituelles et tout ce qu’on veut. La prudence et l’exigence de protéger sa foi musulmane requiert une prise de distance envers ce genre d’organisations et de « techniques » jusqu’à preuve du contraire.

Bien à vous

Pour faire court, disons que dans le judaïsme rabbinique, est attendu un Messie qui est un descendant du Roi David. Il sera un homme issu d’un père et d’une mère comme à l’accoutumée et accomplira des missions particulières dont la lutte contre les ennemis d’Israël, la restauration de l’autonomie et de la puissance politique d’Israël, la reconstruction du Temple de Salomon et l’enseignement de la Thora dans sa pureté. Sous son règne, la paix va s’instaurer entre les Nations et le monde entier va connaitre Dieu à travers la Thora.

Pour le christianisme, c’est Jésus, le fils de Dieu et le Messie que les juifs ont méconnu ou rejeté qui reviendra du ciel dans sa gloire (la parousie). Cette seconde venue de Jésus sera précédée de l’apparition de l’Antéchrist qui va séduire beaucoup de gens dans le monde et par des guerres, famines et autres tribulations. Puis, Jésus finira par convertir les juifs de cette époque à la reconnaissance de son statut de Messie et de rédempteur qui a accepté d’être crucifié et de mourir pour le salut de l’humanité. Finalement, il va s’assoir à la droite de son père et juger le monde. Viendra alors une ère de paix entre les Nations et d’abondance pour des siècles et des siècles.

Dans l’islam, trois personnes sont attendues : le Mahdi, l’Antéchrist et Jésus fils de Marie (paix sur lui – « al masîh » le Messie)

Selon les références scripturaires, notamment les hadiths, le Mahdi est un descendant du prophète Muhammad (saws) issu de la progéniture que sa fille Fatima a eue avec l’imam Ali. Selon l’école sunnite, ce descendant sera de la lignée de Hasan alors que selon l’école chiite, il sera de celle de Husein.

Mais il est consensuel dans ces deux grandes branches de l’islam, que le Mahdi est une personne différente du prophète Muhammad (saws) lui-même, de même que de la personne de Jésus (paix sur lui) qui est aussi le Messie.

Il se trouve que le long de l’histoire de l’Islam, des individus se sont déclarés Mahdis. Le même phénomène s’est produit dans le judaïsme comme ce fut le cas du faux Messie  Sabbataï Tsevi (m.1676) et dans le christianisme où L’Evangile met ses mots dans la bouche de Jésus avertit : « Si quelqu'un vous dit alors: Le Christ est ici, ou: Il est là, ne le croyez pas.  Car il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s'il était possible, même les élus. Voici, je vous l'ai annoncé d'avance » (Matthieu 24 : 23-25)

Dans ce XIXe-XXème siècle, deux figures communautaires se sont déclarées Mahdi : Mirza Ghulam Ahmad (m.1905) à Lahore en Inde et fondateur du mouvement Ahmadiya et Limamou Thiaw, aussi appelé Seydina Limamou Laye (m.1909) à Yoff, Dakar. Il est le chef de la communauté Layène ou ahloul lah au Sénégal. 

Mirza Ghulam Ahmad s’est dit Mujaddid (réformateur), Mahdi, Messie et Prophète. Sa communauté considère que le phénomène prophétique n’a pas trouvé sa clôture dans la personne du prophète Muhammad (saws).

C’est seulement chez les Ahlul lah (Layènes) du Sénégal qu’on trouve la croyance selon laquelle Limamou Thiaw est le prophète Muhammad (saws) réincarné et le Mahdi réunis en une seule personne !

Il faut noter qu’à Dakar, présentement existe un plus récent autoproclamé Mahdi, le prophète Muhammad et Jésus le Messie !

Il faudra bien démêler tout cela pour tenter de savoir qui parmi tous ces mahdis serait le Mahdi, le cas échéant. A cette fin, ce sont les références scripturaires qui peuvent guider notre compréhension du sujet et pas du tout les déclarations et faits des uns et des autres.

Limamou laye Thiaw qui s'est dit Mahdi et en même temps le prophète Muhammad (saws) réincarné, a été rappelé à Dieu en 1909. Il a lancé son appel en 1884.

El hadj Malick Sy a été rappelé à Dieu en 1922, Cheikh Ahmadou Bamba en 1927.

Le fils de Limamou Thiaw, IssaThiaw aussi appelé Issa Rouhou Lahi que la communauté des Ahlou LAHI croit être Jésus réincarné, à été rappelé à Dieu en 1949.

C'est important de bien réfléchir à ces dates.

En effet, cela laisse supposer que ces deux grandes figures de l'islam confrerique du Sénégal (Maodo et Serigne Touba) qui ont été contemporains de l'appel de Yoff ont dû être au courant de quelque chose...

Or, aucun des deux ni d'autres grands marabouts et érudits de l'époque n'ont fait ou dit avoir eu l'intention de faire allégeance ni au Mahdi, ni au prophète Muhammad (saws) réincarné ou à Jésus réincarné, le cas échéant. Et ils n'ont pas demandé à leurs talibés de le faire !

Devrait-on en tirer que ces deux cheikh ont rejeté l'appel de Limamou Thiaw ? Amon avis, la réponse ne peut être que oui.

Sinon, comment expliquer que malgré l'apparition du Mahdi, le retour du prophète Muhammad (saws) et de Jésus, le Messie, à leurs époques, qu'ils aient continué avec leurs talibés, à suivre et à enseigner dans leurs Daaras, le Droit malékite, la pensée ach 'arite au plan théologique et les écoles de pensées soufies ? Vous voyez où je veux venir.

Ainsi, en plus de la question des références scripturaires (Coran et hadiths) relatives à ce sujet, les réponses aux interrogations que j'ai soulevées plus haut font ressortir nombre d'incohérences et contradictions qui devraient faire réfléchir quiconque cherche à y voir clair.

Et dans ce cadre, il faut rappeler que les Ahlou LAHI ne se réclament pas des écoles de pensée soufie mais bel et bien du statut de prophète, ce qui a des implications autrement plus profondes que pourraient avoir de simples variantes du soufisme. Cela, certains sénégalais de bonne foi ne le savent pas...

Si on s'en tient à ce que nous disent les références scripturaires connues et fiables de qui constituent les fondements de la foi islamique, il ressort que les personnages, leurs faits et traits de caractère, les événements associés à leur apparition ainsi que les lieux qui seront concernés ne correspondent pas à l'appel de Yoff.

D'où, j'en arrive à la conclusion selon laquelle, le Mahdi annoncé par les hadiths n'est pas encore apparu, le prophète Muhammad (saws) dépositaire du Coran ne s'est réincarné en qui (ou quoi) que ce soit et Jésus du Coran, le Messie (al masîh) n'est pas encore revenu, descendant majestueusement du ciel pour émuler par son souffle, l'Antéchrist pas loin de Jérusalem où se trament sous nos yeux des signes messianique diffus pour certains et pas pour d'autres,

Au sujet de l’apparition  du Mahdi, du retour de Jésus et de l’apparition du Dajjal (l’Antéchrist), il est incontournable de noter que selon les références les mieux authentifiées chez les sunnites comme les chiites, les critères qui conduisent à identifier les figures messianiques et les événements à elles associés incluent ceux-ci :

Le Mahdi est une personne différente de celles du prophète Muhammad (saws) et de Jésus fils de Marie (paix sur lui), le Messie ;

Jésus fils de Marie (paix sur lui) va descendre du ciel lors de sa seconde venue et non apparaitre de quelque part ou renaitre d’un père (ce qui remettrait en cause le miracle non reproductible de sa naissance sans père) et d’une mère (vierge –Marie fille d’Imran de la lignée de Jacob) ;

Jésus fils de Marie accomplira une prière communautaire derrière le Mahdi qui sera l’imam en ce temps ;

Cette descente de Jésus fils de Marie sera précédée de l’apparition du Mahdi et de l’Antéchrist (al masîhud dajjâl) ;   

L’Antéchrist accomplira nombre de faux miracles, séduira beaucoup de monde et finira par s’autoproclamer dieu ;

Il sera éliminé par le souffle de Jésus fils de Marie pas loin de Jérusalem ;

Jésus protégera les croyants de cette époque des tribulations de Gog et Magog par des invocations ;

Les événements messianiques les plus décisifs se passeront dans la géographie du Moyen-Orient actuel (Mecque, Médine, Syrie, Palestine, Israël, Turquie, Iran) ;

Les « miracles », prodiges et autres phénomènes extraordinaires ne sont pas une preuve en soi de vérité car l’Antéchrist en fera.  

Il incombe à tout le monde d’être vigilant pour ne pas être séduit par la vague de l’Antéchrist et des faux prophètes qui va tout emporter sur son passage sauf qui a une foi sincère et authentique au vrai Dieu, aux Livres qu’il a révélés dont le couronnement est le Coran entre nos mains et aux prophètes dont le sceau est Muhammad ibn abdillah, le hachimite, quraichite né à la Mecque et rappelé à Dieu à Médine sous les pleins feux de l’histoire.  

 

Paix sur vous

 

Contre la maltraitance de l'animal

Je suis tout à fait d'accord avec le chroniqueur de RFM ce matin sur l'exécution de cet hippopotame errant à Kédougou, une région au sud du pays.

Des services étatiques non équipés, un chasseur français qui lui tire des balles dans la tête !

Présentait-il un danger tel que le traitement qui lui a été réservé était le seul possible et le plus approprié ?

Je suis attristé par ce manque de compassion et cette énième illustration de la maltraitance animale au Sénégal où la téranga ne semble pas concerner le monde animal. Elle est par trop anthropocentrée.

Pour ce qui est de l’islam, les vertus de « ihsân » (bienfaisance) et de « rahmah » (compassion) bien comprises débordent le monde des humains pour concerner aussi celui des animaux. Nombreux sont les hadiths où le prophète (saws) recommandent la bienfaisance et a compassion envers les animaux. Dans ce cadre, voici un hadith fort instructif : « «Alors qu'un homme marchait sur une route, voilà qu'il ressentit une grande soif. Il trouva alors un puits, y descendit et but l'eau du puits. En remontant, il vit un chien haletant et léchant la terre humide, tellement il avait soif. L'homme se dit : «Ce chien souffre de la soif autant que j'en souffrais moi-même.» Il redescendit dans le puits, remplit sa chaussure, la tint avec ses dents et remonta. Il en abreuva le chien et Allâh loua son acte et lui pardonna ses péchés.» Ils dirent : «Ô Messager d'Allâh ! Avons-nous une récompense pour nos bonnes actions envers les animaux ?» Il dit : « (Pour celui qui fait du bien) à toute créature vivante, il y a une récompense.» (Bukhari et Muslim)

Espérons que cette bavure soit un déclic pour des lendemains meilleurs chez les animaux qui vivent au Sénégal.

À cette fin, il faudra changer d'état d'esprit à l'égard du monde animal qui a aussi une dignité qui mérite respect puis former et équiper le personnel devant veiller à sa bientraitance.

Bien à vous et compassion pour l'animal

 

Ahmadou Makhtar Kanté

Imam, écrivain et conférencier

Fait à Dakar, le 01/04/2019

Paix sur vous

Le Coran enseigne de choisir le meilleur de ce qui est dit mais dans l'islam majoritaire au Sénégal, l'autorité religieuse est infaillible. Elle est la vérité, et ne peut se tromper.

Nul besoin de fonder son discours sur des arguments crédibles et vérifiables à la lumière des références scripturaires de l'islam. On doit "croire" en lui au nom d'un "bâtin" galvaudé et manipulé par des imposteurs suivis par ceux et celles qui se complaisent dans le facile en lieu et place d'une spiritualité authentique.

D'où le fanatisme, l'obscurantisme et l'asservissement des gens au nom de la "sainteté" d'un nom de famille ou d'une personne dont le profil est plus proche de celui d'un gourou ou d'un charlatan que d'un guide spirituel authentique.

Bien à vous

Paix sur toute l'humanité

Au fond, le dénominateur commun aux homicides commis par de soi-disant jihadistes, ou des extrémistes blancs, ou Caïn contre Abel, c'est de tenir pour vrai que la présence de l'autre avec sa différence est une menace en soi.

Cela peut sembler être un complexe de supériorité alors qu'il s'agit plutôt d'une peur non assumée de la diversité humaine.

Et quand cette peur est manipulée au lieu d'être régulée par l'éducation, la communication et la loi, entre autres, elle peut faire advenir des humains-monstres capables de ce genre de tragédie: se donner la justification d'attenter à la vie de l'autre.

Pour infléchir cette dynamique barbare et suicidaire en cours, il faut réaffirmer la dignité intrinsèque de l'humain par tout ce qu'en dit de plus beau toutes les cultures, les religions, les traditions et les philosophies de l'humanité.

Imam Kanté

16 mars 2019

Etre responsable jusqu’au bout  

Paix sur vous

Le peuple sénégalais et notamment les votants méritent de vives félicitations pour avoir eu un comportement responsable lors du vote.

Dans l'ensemble, les choses se sont bien passées même si aucun citoyen ne doive être pénalisé en raison de dysfonctionnements dus à l'Autorité en charge du processus électoral.

Maintenant, c'est le temps du comptage des suffrages et tout le monde doit avoir l'attitude qui convient, à savoir, attendre sereinement la proclamation des résultats par la Commission nationale de recensement des votes.

À ma connaissance, il n y a pas de contestation dans l'intégrité des procès-verbaux signés par ceux qui doivent le faire dans les bureaux de vote.

Il en découle que ce devrait être facile pour les états-majors des candidats d'avoir ces procès-verbaux et de faire leurs calculs.

Il revient alors aux candidats d'attendre dignement la proclamation des résultats provisoires et soit de les accepter en rapport avec leurs documents et leurs calculs soit d'introduire des recours s’ils estiment que c’est justifié de le faire.

Puis, il s'agira d'attendre que d'éventuels recours soient vidés encore en toute sérénité sans qu'aucun état-major ne fasse des sorties qui ne soit basées sur des éléments convaincants.

Et là, la presse peut et doit jouer un rôle très important sur la base des faits et rien que des faits. Publique comme privée, elle ne doit pas reproduire aucune erreur comme de celles qui ont eu lieu, il y va de sa crédibilité parce qu'il y a une vie pour elle comme pour le Sénégal après cette élection présidentielle du 24 février 2019.

Il me semble alors que les résultats définitifs devront être acceptés tant qu'il n’y a pas des faits et chiffres crédibles qui permettent de les contester par la voie légale sinon, on va droit au mur.

C'est très grave d'exiger d'autorité un deuxième tour comme de proclamer une victoire au premier tour. On ne peut faire de telles choses et puis parler de respect de la loi...

J'en appelle au calme, à la sérénité et au respect des résultats qu'ils soient favorables ou non à tel ou tel candidat. Car ces résultats sont le fait des sénégalais dont nous ne sommes qu'un avec seule voix.

Et puis, qui aime son pays et a vraiment compris ce qu'est un engagement politique authentique doit savoir que celui-ci transcende une élection pour se poursuivre au-delà.

Soyons tous et toutes responsables jusqu'au bout et refusons l'injustice et la manipulation de quelque bord que cela puisse venir.

Dieu préserve le Sénégal.

Imam Ahmad kanté

Dakar, le 27/02/2019

Choisir un gouvernant à la lumière du Coran et des hadiths.

L’élection présidentielle au Sénégal est prévue le 24 février 2019. Au lieu de verser dans les prédictions de charlatans et autres devins, voire de soi-disant marabouts qui prétendent connaitre le « gayb »[1], nous  préférons rappeler quelques critères tirés du Coran et des hadiths pour guider notre choix. Dans cette optique, commençons par trois exemples mentionnés dans le Coran. Les deux premiers font ressortir des critères par lesquels les prophètes Joseph (Yûsuf dans le Coran) et Moïse (Mûsâ - paix sur eux) ont été choisis pour assumer des responsabilités. A travers le troisième, sont mentionnées des recommandations fortes en matière de justice que Dieu fait au prophète-Roi David (Dâwûd – paix sur lui).

Convoqué par le roi d’Egypte de son temps, Joseph (paix sur lui) lui donne la bonne interprétation des rêves répétés qu’il (le roi) faisait ainsi que des indications techniques sur ce qu’il faut faire pour prévenir une insécurité alimentaire dans le pays[2]. Puis, étant désormais sûr de la confiance que lui témoigne le roi, Joseph (paix sur lui) se dit prêt à assumer la fonction d’intendant d’Egypte : « Le roi dit : ‘Amenez-le[3] moi, car je compte le réserver à mon service exclusif.’ Après avoir parlé avec lui, il[4] dit : ‘Tu as acquis dès aujourd’hui auprès de nous une position d’autorité et de confiance. Il[5] dit : ‘Mets sous mon autorité les entrepôts[6] du pays, je suis bon gardien[7] et bon connaisseur» (Coran 26 : 54-55)

Auparavant, Joseph (paix sur lui) avait fait montre de hautes vertus morales à travers sa loyauté sans faille envers son tuteur[8] qui l’aimait et le traitait bien et son refus de céder aux avances de son (de son tuteur) épouse. Le roi de l’époque est convaincu alors qu’il a le bon profil pour accomplir avec succès ce qu’il attend de lui.  

De son côté, Moïse (paix sur lui) quitte l’Egypte, sa terre natale, dans la précipitation après avoir tué par accident un copte et entendu qu’il était recherché par la « police » du Pharaon. En cours de route, il s’assied devant un puits en plein désert et voit deux femmes à l’écart. Il s’enquiert de leur situation, comprend leur vulnérabilité et les aide de façon désintéressée. Suite à ce comportement altruiste d’une exemplarité rare, une des sœurs recommande à son père de l’engager moyennant salaire pour s’occuper de l’exploitation familiale : « L’une des deux[9] dit : ‘Ô mon cher père, engage-le car il n’est pas meilleur à engager que celui qui est fort et digne de confiance’ » (Coran 28 : 26)  

Tout le monde peut se rendre compte de l’intuition aigue de cette dame qui a en quelque sorte plaidé en faveur de Moïse (paix sur lui) pour qu’il trouve emploi chez son (de la dame) père. Il se trouve que la posture de la dame en faveur de Moïse (paix sur lui) est informée par le comportement de ce dernier à leur égard : i) observation de la situation des parties prenantes autour du puits, ii) collecte d’informations auprès des deux dames à l’écart ; iii) prise de connaissance de leur vulnérabilité ; iv) assistance à personnes dans le besoin ; iv) retour à la place initiale sans rien attendre en retour de son geste marqué du sceau de la solidarité, de la compassion et de l’altruisme.

Pour le troisième exemple, il s’agit de recommandations que Dieu fait à l’endroit de David (paix sur lui) prophète mais aussi roi des israélites : « Ô David, Nous avons fait de toi un calife sur la terre. Juge donc en toute équité entre les gens et ne suis pas la passion sinon, elle t'égarera du sentier d'Allah… » (Coran 38 : 26)

A ce genre de versets très instructifs pour nous guider en matière de choix de personnes auxquelles nous pouvons confier de hautes responsabilités, notamment de premier gouvernant d’un pays, s’ajoutent des hadiths de la même veine :

Le célèbre compagnon du prophète (saws), Abu Zarr  rapporte  ceci : «  J'ai dit : Ô Messager d'Allah ! Et si tu me confiais des responsabilités[10] ! Il me tapota l’épaule puis me dit : ‘Ô Abû Zarr ! Tu es faible et c'est un Dépôt sacré (amâna). Et au jour de la Résurrection, ce sera une source de honte et de regret, sauf pour celui qui l'aura assumé dans le strict respect de ce qu’il exige et s'est acquitté comme il sied des obligations y afférentes’ » (Mouslim)

Un homme est venu interroger le Messager d'Allah (saws) en lui disant : « Quand adviendra l’heure[11]? » Il (saws) lui répondit : « Quand le Dépôt sacré sera perdu, attends alors l'arrivée de l'heure." L'individu dit : « Comment sera-t-il perdu ? » Il (saws) lui répondit : « Quand la gestion des affaires sera confiée à qui n’est pas apte à l’assumer, attends l'arrivée de l'heure » (Al-Boukhari)

Il appert de tout ce qui précède que les enseignements de l’islam conduisent à soutenir que le vote est une modalité d’un acte sérieux qu’il faut poser en faveur d’un profil que l’on pense avoir les compétences techniques et un engagement moral convainquant pour gouverner le Sénégal dans la justice et l’équité. Il est attendu de la personne pressentie à ce poste de haute responsabilité, les vertus incluant celles-ci : être digne de confiance, respect des engagements, compétence en rapport avec la fonction, assumer la fonction avec bienfaisance, conscience de la reddition de compte aux hommes et à Dieu.

Puisent ces critères du Coran et des hadiths nous y aider.

 

Ahmadou Makhtar Kanté

Imam, écrivain et conférencier

Dakar, le 21/02/2019 – 15 Jumâdal âkhira 1440

 

[1] C’est un terme coranique qui renvoie au monde réel mais caché (contrairement au monde apparent – ‘alamuch chahâdah - auquel nos sens et notre raison ne peuvent accéder) 

[2] L’Egypte

[3] Il s’agit de Joseph (paix sur lui)

[4] C’est le Roi qui parle

[5] C’est de Joseph (paix sur lui) qu’il s’agit

[6] Il s’agit de l’intendance en rapport avec l’insécurité alimentaire qui menaçait le pays

[7] Le terme du Coran traduit par gardien, c’est « hâfîz » qui comprend la dimension morale de probité

[8] Il s’agit de l’homme qui occupait un poste de haute responsabilité en Egypte et qui avait acheté Joseph tout petit récupéré d’un puits par une caravane

[9] Une des deux sœurs que Moïse (paix sur lui) a aidées

[10] Les oulémas du hadith expliquent qu’Abu Zarr visait un poste de gouverneur dans une contrée administrée par les musulmans au temps du prophète (saws)

[11] Ce terme « sâ ‘ah » renvoie à la fin du monde

Paix sur vous !

Tout ce que nous faisons comme remarque voire critique se veut constructif comme nous y invite le hadith authentique : « La religion, c’est le bon conseil… » 

Ce hadith indique bien qu’il existe en islam des possibilités de discussion sur tout ce qui concerne la vie de la communauté à travers la notion coranique de « Choura » (concertation)  et dans ce cadre, le verset dit : « Et ils discutent de leurs affaires »

Avant de revenir sur le fond relativement aux pratiques dominantes en matière d’appel dans les mosquées du Sénégal, il est important de rappeler que dans le culte musulman, la connaissance précède l’intention qui se traduit après par l’action prescrite. Pour dire qu’il n’est pas question de justifier le désordre par la bonne intention supposée « ils veulent bien faire » ni par la fameuse expression « c’est ce qu’on a trouvé ici ».

En d’autres termes, il s’agit, comme le dit le traité de Fiqh relatif aux règles des pratiques cultuelles très connu au Sénégal « Lakhdari », de savoir qu’il est obligatoire pour le majeur (moukallaf), de connaitre le jugement de la Loi de Dieu avant d’initier une quelconque action cultuelle.

Cela étant dit, voilà les constats clés sur cette question :

Si on prend le cas de l’heure de prière du fajar (matin), elle se fait actuellement vers 06h30. A noter que pour des mosquées éloignées de quelques dizaines de mètres, ce ne sont pas les mêmes heures !!!

 Il se trouve qu’on entend des appels pour certaines mosquées dès 04h 30 min voir 04h du matin. Puis, c’est une succession d’appels selon une fréquence dont bien malin qui pourra comprendre la justification, jusqu’au « salatou » (appel qui annonce la prière de deux rakkas de fajr).

Question : sur quoi se base le muezzin qui fait l’appel à 04h 30min, c’est-à-dire, 02h 30 min avant le « salatou » ? Et la question corollaire est : « sur quoi se base les muezzins des autres mosquées qui font l’appel plus tard ? »

Pour certaines mosquées, on entend des appels presque toutes les 15 minutes, sur quelle base ?  

Aussi, vu que pour des mosquées situées à des dizaines de mètres de distance des fois, les horaires de prières sont différents, le résultat est qu’on se retrouve avec des appels qui se succèdent et interfèrent dans un vacarme assourdissant. Tout cela sur quelle base, quels sont les versets, les hadiths, les avis de l’école malékite qui autorisent ce qui est bel et bien de l’anarchie.

De plus, la sonorisation mal maitrisée fait que pour certaines maisons où sont dirigés des haut-parleurs, on sursaute à la résonnance de l’appel mal fait avec un micro qui grince.

Puis, dans la plus part des mosquées, la prière est suivie d’une pratique qui « oblige » à éteindre les lampes et à utiliser le micro pour au moins 45 min !!!

Voilà quelques facettes de l’anarchie dont j’ai parlé dans mon post d’il y a quelques jours.

Aucune base sérieuse à ces appels désordonnés, aucun respect au droit au repos et au sommeil qu’on soit musulman ou non.

Il est clair que tout musulman instruit et tout esprit raisonnable sera d’accord pour dire qu’il urge pour l’image de l’islam et la quiétude dans nos quartiers, de remédier à cette anarchie.

Etant entendu que les « chants religieux » sont concernés par cette nécessaire réglementation.

J’invite à cette fin, les musulmans de quelque sensibilité qu’ils soient à se saisir de cette question pour engager des discussions de fond aux fins de lui trouver des solutions idoines. Ces discussions devraient commencer au sein des mosquées dans nos quartiers : il faut interpeller avec toute la courtoisie qu’il faut (yar ak teeguin) les imams, les muezzins et autres notables afin de susciter ces discussions. Si la communauté ne parvient pas à le faire pour je ne sais quelles (dé) raisons, il revient à l’autorité publique de pendre ses responsabilités.

Moi Monsieur ::::: Candidat à l’élection présidentielle du 24 février 2019,

Soucieux de la stabilité du pays et la paix sociale,

Souscrivant aux valeurs et principes de la démocratie inclusive dans l’équité,

Luttant pour l’expression libre, transparente et apaisée des citoyens,

Je m’engage à ne ménager aucun effort pour que le scrutin soit sincère à l’issue d’une compétition électorale civilisée.

A ce titre, je m’engage à :

  • Contribuer à la tenue d’une élection démocratique, calme et transparente et à accepter le verdict des urnes ;  
  • Respecter les droits et la liberté de tous les candidats, les organisations politiques et les citoyens et à veiller à aucune entrave au droit des autres :
  • De faire campagne en toute sécurité ; 
  • De circuler partout où seront organisées des séances de propagande électorale sans interdiction ou provocation ;
  • De faire connaître librement leurs programmes et projets de société en public ou en privé sans préjudice de leur intégrité morale, physique et de leurs biens ;
  • D’avoir un égal accès aux médias publics conformément aux dispositions du code électoral ;
  • Faire preuve de retenue dans les discours, écrits, attitudes et comportements et bannir les propos à caractère haineux, ethniciste, ou séditieux ;
  • Interdire à mes partisans et sympathisants d’empêcher la pose, d’altérer ou détruire les affiches des autres candidats ;
  • Sensibiliser les militants et sympathisants au respect des droits civils et politiques, ainsi que des valeurs démocratiques et à faciliter le travail des médias ;
  • Mener mes activités dans le strict respect des lois en vigueur et s’abstenir d’entreprendre tout acte susceptible d’exacerber les tensions et pouvant déboucher sur la violence ;
  • Conduire, dans le respect de chaque adversaire, une campagne électorale apaisée bâtie sur des offres programmatiques et des projets de sociétés sans exclure la critique des autres programmes et projets ;
  • Bannir l’utilisation des moyens de l’Etat ou de ses démembrements pour ma propagande politique durant la campagne électorale ;
  • S’interdire avant la proclamation des résultats provisoires officiels par la Cour d’Appel de s’attribuer la victoire ou un autre rang parmi les candidats en se fondant sur ses propres chiffres ;
  • S’engager à suivre les voies de recours prévues dans le code électoral pour contester totalement ou partiellement les résultats provisoires et dans tous les cas refuser tout recours à la violence ou au coup de force pour faire corriger ou annuler des résultats.
  • Féliciter, à la proclamation des résultats définitifs, celui que la majorité des sénégalais aura choisi si on ne peut apporter la preuve concrète d’une ou plusieurs distorsions dont la correction inversera indubitablement le résultat.

La présente charte entre en vigueur dès sa signature par chaque candidat qui en assurera la diffusion sur l’ensemble du territoire national.

                                                                                        Fait à Dakar, le 12 Février 2019

                                                                                        A signé :

Page 1 sur 7

NewsLetter

Abonnez-vous pour recevoir nos lettres d'information dans votre courriel !