mardi 7 décembre 2021

Il explique comment le prophète Muhammad (saws) constitue un modèle notamment sur des questions d'actualités au Sénégal

L'imam kanté est reçu par oustaz Gaye. Il a donné les grands enseignements de l'islam sur la gestion du temps.

L'imam donne les enseignements fondamentaux sur l'islam et le rapport de l'homme à l'environnement

Que révèle la furie meurtrière d’Israël sur Gaza ?

Commandement : Tu bombarderas Gaza et tu tueras ses femmes et ses enfants chaque fois que tu le voudras…Dieu ne t’en tiendra pas rigueur car tu es le peuple élu !
J’ai le regret de reprendre cet article que j’ai publié en 2018 avec quelques modifications. Voilà donc que depuis la guerre de 1967, l’Etat d’Israël ne cesse de coloniser, d’annexer, et de détruire les villes, les villages, les quartiers, et les maisons des palestiniens qui y habitent depuis des siècles et des siècles.
A cela s’ajoute les répressions meurtrières des soulèvements légitimes au nom du droit reconnu par le monde entier à tout peuple, de défendre ses terres et ses biens matériels comme symboliques, et les emprisonnements injustes d’adultes, de femmes et d’enfants de ce peuple abandonné à lui-même. Gaza, cette ville de plus d’un million d’habitants qui n’est rien d’autre que la plus grande prison à ciel ouvert du monde en est le miroir.
La montée en puissance et en arrogance de l’Etat d’Israël peut être déclinée comme suit : la reconnaissance officielle de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump, une façon de lui donner carte blanche pour n’importe quel agissement au prétexte de la souveraineté sur cette ville ; la proclamation de l’Etat-nation juif dont le territoire reste indéfini, ce qui fait des non-juifs notamment les arabes, des citoyens, le cas échéant, de seconde zone ; et le soutien inconditionnel des Etats Unis quoi que fasse l’Etat d’Israël. Toutes choses qui sont en droite ligne du dessein sioniste de rendre impossible l’existence d’un Etat palestinien.

Mais, ce qui choque le plus dans tout cela, c’est le fait que l’Etat d’Israël semble être en dehors et au-dessus du droit international et se délecte de son arrogance hors du commun et de l’impunité dont elle jouit, jusqu’à quand ? Et des soutiens, il n’en manque pas, de la part d’individus, de groupes, de lobbies et d’Etats qui se disent respectueux des droits humains, de la démocratie et de la civilisation…Oui, Israël est un Etat démocratique et colonial, ce n’est pas incompatible pour certains, qui applique le régime d’apartheid aux palestiniens sur leurs propres terres notamment à Gaza.

Dans les lignes qui suivent, nous posons à la conscience du monde les questions suivantes à titre indicatif et quelques commentaires qui sont à notre humble avis, des débuts de réponse :
1- Pourquoi depuis 1967, Israël commet toutes sortes de crimes envers les palestiniens dans une impunité totale ?
Ce n’est pas qu’Israël n’est pas sanctionné, il l’a été et l’est par un grand nombre de résolutions des Nations unies et les déclarations de la communauté internationale notamment les défenseurs des droits des peuples au respect de leur dignité et à l’autodétermination, mais il reste que rien d’efficace n’a été fait pour qu’Israël sache qu’il n’est pas plus fort que le monde entier. Pourtant, les guerres en Irak, en Afghanistan, et en Lybie sont là pour nous dire ce qui a été fait sous le fallacieux prétexte de la guerre pour la démocratie, les droits humains, la liberté, et le devoir de protéger.

2- Pourquoi les Etats-Unis apportent-ils un soutien inconditionnel à l’Etat d’Israël ?
Parce-que ce pays a été depuis longtemps travaillé par les lobbies juifs et évangélistes pro-sionistes influents Ces derniers proposent aux masses qui, ne l’oublions pas, sont majoritairement protestantes aux Etats-Unis, une interprétation des passages messianiques de la Bible de sorte à ce qu’elles se croient religieusement obligées d’apporter leur soutien indéfectible à l’Etat d’Israël, quoi qu’il fasse. Ce faisant, les évangélistes américains confondent le sionisme qui est une idéologie raciste et séculière avec le peuple de l’Alliance abrahamique qui doit être protégé selon eux, aux fins de sa conversion lors de la seconde venue de Jésus (paix sur lui). Ces prédicateurs évangélistes ont apporté un soutien conséquent au candidat Donald Trump durant sa campagne électorale.
Et ce n’est pas pour rien que ce même Donald Trump a affirmé après sa décision de reconnaitre officiellement Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël, que les évangélistes américains étaient plus satisfaits et contents de sa décision que les israéliens eux-mêmes ! L’influence des lobbies pro-sionistes aux Etats-Unis est telle que c’est un passage obligé pour les candidats à la présidence qui veulent se donner un maximum de chances d’être élus, que de clamer leur attachement indéfectible au peuple d’Israël devant ses organisations les plus puissantes .

3- Pourquoi l’Organisation des Nations Unies est-elle si inefficace face à l’Etat d’Israël ?
Parce-que c’est une institution dont une bonne partie du coût de fonctionnement notamment pour soutenir des interventions militaires dans le monde sont supportées par les Etats-Unis qui sont l’allié inconditionnel de l’Etat d’Israël. Il en découle que lorsque l’autorité américaine met son véto à l’application de résolutions votées contre l’Etat d’Israël par la grande majorité des pays, non seulement elle ne contribuera pas au financement des opérations mais l’Organisation des Nations unies, en l’état, ne peut rien faire contre l’Etat d’Israël sur une base légale, que ce soit au plan politique, économique, diplomatique, culturel, sportif, militaire ou autre.

Tout le monde a vu avec quelle arrogance la représentante américaine au sein de l’Organisation des Nations Unies Etats-Unis a menacé tout pays qui a voté contre la décision de Donald Trump de reconnaitre officiellement Jérusalem comme la capitale soi-disant éternelle et indivisible d’Israël. Avec l’arrivée de Donald Trump, l’unilatéralisme américain en faveur de l’Etat d’Israël atteint son paroxysme. L’Organisation des Nations Unies est de plus en plus fragilisée et contournée, elle dont la vocation originelle était supposée être la promotion du Droit international.

4- Pourquoi le monde arabo musulman est-il si impuissant face à l’Etat d’Israël ?
Parce-qu’il est affaibli par d’interminables conflits, divergences et guerres intestines. Parce-que nombre de ses élites politiques et religieuses ne savent pas par quel bout prendre cette affaire ou, le cas échéant, ne se donnent pas les moyens de peser sur le rapport de force entre le tandem Israël-Etats-Unis et les palestiniens. Parce-qu’il n’a pas su ou voulu construire une alliance mondiale pour le règlement juste de cette question. L’Arabie saoudite et l’Iran se sont lancés dans une confrontation sans fin pour influencer le monde musulman, ce qui empêche la constitution d’un front uni significatif du monde musulman envers la cause palestinienne.
Les groupes « islamistes » et nationalistes n’ayant pas la même vision de la question Palestine-Israël, ne parviennent pas à faire front commun contre le même oppresseur qui, bien sûr, manipule et tire profit autant que faire se peut, de cette énorme faiblesse.
Les pays riches du Golf apportent certes un soutien surtout social et économique aux palestiniens, mais sans que cela ne se traduise par un changement du rapport de force sur le terrain. Ces pays ne font rien d’autre que gérer un statu quo qui est plus que favorable à l’Etat d’Israël. Le soutien de ces pays ne peut aller au-delà vu qu’ils sont dans des alliances militaires et économiques avec les Etats-Unis qui modulent forcément les initiatives qu’ils voudraient prendre sur cette question.
Pire, certains de ces pays ont amorcé un rapprochement officieux ou officiel avec l’Etat d’Israël, selon leurs propres intérêts géopolitiques à l’aune du nationalisme, ce qui fait de la cause palestinienne un moindre souci pour eux. De plus, ces pays sont dépendants des Etats-Unis pas seulement au plan de leur sécurité nationale, mais aussi de la circulation des ressources tirées du pétrole et des options d’investissement dans le monde.
Depuis les attentats du 11 septembre 20à&, les Etats-Unis sont très regardants sur les flux financiers qui quittent ces pays et les contrôlent vu qu’ils passent par leur monnaie et leur système financier et bancaire mondial. Donc, les pays du Golf y regardent à mille fois avant d’engager une initiative qui pourrait fâcher le tuteur américain qui est aussi celui de l’Etat d’Israël ?
Aussi, leurs populations sombrent de plus en plus dans la consommation exubérante, le jeu, et autres distractions qui les rendent insouciants et les préoccupent beaucoup plus que la cause palestinienne et que pour rien au monde ils ne voudraient voir remettre en cause. A noter aussi que dans les pays arabo musulmans, il existe des individus et groupes qui collaborent activement ou discrètement avec les représentations de l’Etat d’Israël qui fait voyager, et rémunère chacun au prix où il a « marchandisé » sa dignité.

Au lieu de s’organiser pour remplacer les fonds que Donald trump est en train de retirer aux organisations humanitaires qui aident le peuple palestinien , les pays du Golf rivalisent dans « qui va construire le plus long gratte-ciel ou la plus sophistiquée piscine », « qui va organiser le plus grand nombre de courses auto et de coupes du monde de football », etc.

5- Pourquoi les mots utilisés contre Israël sont-ils si conciliants malgré tous les crimes qu’il commet ?
Parce-que les mots qui qualifient les actes de parties en conflit ne sont pas neutres. En effet, ces mots sont définis par des individus ou des groupes ou des institutions qui sont influencés par le contexte géopolitique, culturel, historique, religieux ou philosophique qui sont les leurs. C’est ainsi que l’Union européenne emploie des mots du genre « nous regrettons », « nous sommes désolés », « nous appelons les deux parties à éviter les confrontations », parce-que quelque part, elle est influencée par les mauvais traitements que nombre de pays qui composent cette institution ont infligé aux juifs jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Par conséquent, les choses se passent comme s’il était préférable de laisser faire Israël n’importe quoi plutôt que d’être taxé d’antisémite. Parce-qu’aussi, elle ne veut pas fâcher l’allié américain qui les a sauvés du nazisme ou fragiliser l’OTAN .

Toutes choses qui expliquent dans une certaine mesure que pour de mêmes injustices, les mêmes mots ne sont pas utilisés quand c’est Israël qui est impliqué. Par exemple, Israël est donné en exemple comme seul Etat démocratique du Moyen-Orient, mais on omet de le qualifier, ce qui est irréfutable, d’Etat colonial qui pratique de plus en plus quelque chose qui est de l’ordre (ou du désordre) de l’apartheid.
Au lieu de régler le problème de fond, on joue aux sapeurs-pompiers et à l’humanitaire après les massacres qu’Israël commet régulièrement par exemple à Gaza comme c’est le cas au moment où nous écrivons ces lignes. De leur côté, les Etats-Unis considèrent que les palestiniens dont les terres sont occupées doivent rester sages et ne pas fâcher l’occupant, oubliant ainsi leur propre histoire de guerre de libération contre la Grande Bretagne.

Quand Israël tue le peuple palestinien, on fait preuve d’une compréhension pathétique à son égard, et quand d’autres font de même, ce sont les barbares, les gens qui tuent leur propre peuple, etc. Le devoir et la responsabilité de protéger ne semble pas valoir pour le peuple palestinien, parce-que, les promoteurs de ces concepts authentiquement humanistes, il est vrai, sont soit des juifs communautaristes qui ont du mal à les appliquer à leur propre peuple, soit amis d’Israël, et liés à des intérêts pro-sionistes : notamment la finance internationale.

L’on comprend ainsi qu’à l’égard d’Israël, les mots embargo, ultimatum, pression, intervention militaire, fonds gelés, etc. soient tabous. Dans le cas du conflit Israélo-palestinien, comble de cynisme, l’oppresseur et l’opprimé sont renvoyés dos à dos. Ce n’est pas par hasard que les prétendus acteurs de la lutte contre le terrorisme « islamique » ou les mouvements « djihadistes » sont beaucoup plus silencieux et moins remuants quand c’est Israël qui déplace, usurpe, emprisonne, tue, occupe et remet en cause toujours plus depuis 50 ans la dignité du peuple palestinien et son droit à vire sur ses terres et à s’autodéterminer. Le monde ne sera pas libre tant qu’il ne se donnera pas les moyens de libérer le peuple palestinien de l’emprise carcérale d’Israël qui n’a rien retenu des leçons de sa propre histoire.
Qui a d’autres questions et des réponses à proposer ?

Ahmadou Makhtar kanté
Imam, écrivain et conférencier
Fondateur du portail web : « Tibiane.com »

Fait à Dakar, le 15/11/2019 – Rabi ‘ul awwal, 1441H

LE MAOULOUD ET LES DEFIS DE L’INTROSPECTION AU SENEGAL : Suffit-il de célébrer l’anniversaire de la naissance du prophète (PSLF) pour guérir de nos maladies ?

Dans quelques jours, sera célébré dans nombre de pays musulmans, l’anniversaire de la naissance du prophète (PSLF) « mawlûdun nabiy » appelé « Gamou » au Sénégal. C’est là une bonne occasion de parler de sa genèse, des controverses doctrinales y afférentes et aussi des liens qui peuvent exister entre cette célébration et les défis d’introspection pour que guérisse le Sénégal de ses maladies sociétales. Dans cette optique, nous défendons l’idée selon laquelle : l’amour pour le prophète Muhammad (PSLF) passe du déclaré à la vérité, seulement si nous en puisons la force de changer pour le meilleur. A ce sujet, il convient de bien méditer ce verset : « Dis: «Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieux » (Le Coran, 3 : 31)Nous en comprenons que ce qui est prétendu être amour pour Dieu doit se vérifier ou s’éprouver par la fidélité aux enseignements de la vie du prophète (PSLF), condition d’obtention de l’amour et du pardon de Dieu. Nous devons aimer Muhammad (PSLF) le sceau des prophètes pour les sublimes vertus qui sont les siennes, pour la miséricorde qu’il incarne, et pour la guidance infaillible dont il est dépositaire afin que par elles, nous soyons transformés en vue d’être dignes de l’amour de Dieu et de Son agrément.  
Controverses doctrinales et stratégies de prédication
Il existe un débat séculaire sur le statut cultuel de la célébration du Maouloud. Pour les théologiens détracteurs de cette célébration, il n’existe aucune référence scripturaire ni dans le Coran ni dans les Hadiths qui en fondent la légalité cultuelle. De plus, il n’y a pas de preuve qu’elle a été célébrée par les trois premières générations de musulmans, à savoir, les compagnons du prophète (PSLF), les suivants et leurs suivants. On a demandé au prophète (PSLF) pourquoi il avait l’habitude de jeûner le lundi et il répondit : « c’est le jour de ma naissance. » D’autres hadiths mentionnent que le lundi est le jour du début de la révélation, de l’Hégire, du décès du prophète (PSLF) et du soulèvement de la pierre noire de la Kaabah. Pourquoi alors ne pas célébrer tous ces évènements ? Pour les oulémas qui rejettent cette célébration, le bien-fondé d’un culte se justifie de références scripturaires et de la pratique du prophète (PSLF) alors qu’en la matière, l’initiative libre est bannie et qualifiée de Bid ‘ahau sens d’innovation blâmable. S’y ajoute qu’on ne trouve dans aucun traité de Fiqh (« droit » islamique), un chapitre qui traite du Maouloud alors que pour tous les autres cultes, il existe un « protocole » prescrit par le Coran et/ou les hadiths sur le temps légal, les invocations à prononcer, la forme, le lieu, les mérites y afférents, la sanction pour quiconque ne l’accomplit pas, etc. Il faut noter aussi qu’autant nombre de oulémas de la biographie du prophète (PSLF) sont en accord sur ceci que sa naissance est survenue eu mois de Rabî al Awwal, autant il n’y a pas d’unanimité sur le jour. A ce sujet, deux avis semblent les plus défendus : le 8 et le 12 du mois précité.
Tout en reconnaissant l’argument fondamental de ceux qui se veulent gardiens de l’orthodoxie relatif à l’absence de référence scripturaire, les militants et défenseurs de la célébration du Maouloud considèrent qu’il s’agit juste d’une occasion hautement symbolique pour  sensibiliser les musulmans sur le personnage du prophète (PSLF) que le Coran est le premier à magnifier. Il se trouve que certains vont chercher dans le Coran tout verset qui leur semble « prouver » la légalité dans le culte musulman de cette célébration avec à l’arrivée de laborieux efforts d’interprétation « nouvelle » qui vaut ce qu’elle vaut. En effet, ces interprétations de légitimation de la célébration du Maouloud établissent un lien entre des versets et cet évènement qu’on ne trouve pas dans les exégèses classiques. En vérité, ce qui pose le plus problème, c’est la thèse qui consiste à accorder à la célébration du Maouloudune valeur cultuelle en soi. En effet, cette position se décline à travers des affirmations du genre : « quiconque célèbre le Maouloud aura telle ou telle rétribution de la part de Dieu », « quiconque célèbre le Maouloud à tel endroit sera rétribué par Dieu, verra ses péchés absous et ses vœux exaucés » et cela, en rapport avec un lieu sacralisé par un leader religieux et/ou ses adeptes. En face, les contradicteurs de cette position font savoir qu’aucune référence scripturaire sans équivoque ni dans le Coran, ni dans les Hadiths ne vient étayer  un mérite quelconque lié à la célébration du Maouloud. On peut alors se demander sur quelle base des leaders religieux ont-ils pu lier ladite célébration à des mérites et récompenses spirituelles ? Si on prend le cas du Sénégal, où la célébration du Maouloud a commencé à mobiliser des foules au XIXe voire XXe siècle, une réponse pourrait être que dans une ambiance « Maouloudiste » portée par les écoles de pensée les plus répandues à l’époque en plus de l’absence d’ouvrages spécialisés sur les sciences du Hadith et de la biographie du prophète (PSLF), il n’ était  pas évident de vérifier le degré d’authenticité des nombreux dires et écrits qui circulaient sur ce sujet. Cette réponse nous semble vraisemblable en ce que ces leaders religieux militants de la célébration du Maouloud n’ont pas pu inventer des mérites dont le bien-fondé ne peut se justifier que du Coran ou du Hadith et non des opinionsou des préférences des uns et des autres.
Toujours est-il qu’au Sénégal, dans le cadre des stratégies de prédication et d’appel islamique, des leaders religieux ont procédé à une opération de substitution dans laquelle le Maouloud occupera une place de plus en plus significative. En effet, évoluant entre les pratiques des populations adeptes de religions traditionnelles négro-africaines ou nouvellement converties à l’Islam et les efforts d’assimilation du colon français, ces dits leaders musulmans optent pour une stratégie douce. Ils s’attèlent à substituer lors de la célébration du Maouloud, le personnage du prophète (PSLF), ses vertus et enseignements, aux personnages, mythes et croyances des populations locales. C’est ainsi que lors de la célébration, entre autres activités, sont psalmodiés des versets du Coran, et déclamés des poèmes élégiaques et panégyriques en direction du prophète (PSLF), de ses compagnons et des leaders religieux qui assurent la tutelle de l’événement. D’autre part, une démarche en intelligence avec le contexte a été réalisée à travers le marquage de l’espace communautaire des populations converties relativement à l’endroit de la mosquée, de l’école coranique, de la maison du chef religieux et les dénominations analogues de villes symboliques en Islam même déformées dans leur prononciation locale. C’était aussi l’occasion de récolter des biens pour différentes utilisations communautaires et aux fins de propagation de l’appel islamique.  Nul ne peut nier que ces stratégies ont eu des résultats intéressants au plan de la popularisation de l’islam et notamment du personnage du prophète (PSLF). C’était aussi l’occasion pour le leader religieux de procéder à des conversions et d’accéder à la demande de célébration réclamée par d’autres communautés. Cela a fortement contribué à la « décentralisation  (le centre étant le lieu de résidence du leader religieux)» de la célébration avec toutes les conséquences qui pouvaient en découler en terme d’islamisation des terroirs et des communautés.
Il se trouve que depuis quelques décades, des arabisants formés en général dans les pays arabes et en contact avec les idées des réformateurs musulmans du XVIIIe siècle ontcritiqué le dévoiement, selon eux, de la célébration du Maouloud vers le culte de personnalité des leaders religieux, les flatteries à l’égard des autorités politiques, le non-respect des heures de prières, la promiscuité entre hommes et femmes, etc. Certains leaders religieux conservateurs et désireux de bien garder leur auditoire vont dégager en touche et vouer aux gémonies ces nouveaux acteurs de l’appel islamique tandis que d’autres plus sensibles à la critique vont essayer d’apporter des correctifs à la célébration.  Cette démarche peut être assimilée à une opération de contre-réforme qui permet de garder la communauté sous contrôle tout en apportant des réponses aux esprits curieux qui pourraient être sensibles aux arguments des « réformistes » et être tentés de les rejoindre ou tout au moins ne plus se sentir « obligés » d’assister à certaines célébrations.
De ce qui fonde la grandeur et le statut du prophète Muhammad (PSLF) dans le Coran 
Au-delà des termes de la controverse doctrinale, passons maintenant à la (re)découverte du personnage qui est au centre du sujet à travers des versets incontournables et qui vont nous aider à mieux cerner son statut et la grandeur y associée.

Tous les prophètes ont su qu’il allait venir et se sont engagés à croire en lui et à le soutenir si cela se passait de leur vivant« Et lorsqu’Allah prit cet engagement des prophètes: «Chaque fois que Je vous accorderai un Livre et de la Sagesse, et qu’ensuite un messager vous viendra confirmer ce qui est avec vous, vous devez croire en lui, et vous devrez lui porter secours.» Il leur dit: «Consentez-vous et acceptez-vous Mon pacte à cette condition?» - «Nous consentons», dirent-ils. «Soyez-en donc témoins, dit Allah. Et Me voici, avec vous, parmi les témoins » (Le Coran, 3 : 81), et plus le temps de son avènement s’approchait et plus il était mentionné avec force détails dans la Thora révélée à Moïse et dans l’Evangile de Jésus« Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu’ils trouvent écrit (mentionné) chez eux dans la Thora et l’Evangile. Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui ; ceux-là seront les gagnants. » (7 : 157)Il est aussi, à la fois, le vœu exaucé de son aïeul Ibrahim « Notre Seigneur! Envoie l'un des leurs comme messager parmi eux, pour leur réciter Tes versets, leur enseigner le Livre et la Sagesse, et les purifier.

Car c'est Toi certes le Puissant, le Sage! » (2 : 129) ; 
etla belle annonce de son frère Jésus : « Et quand Jésus fils de Marie dit : «Ô Enfants d’Israël, je suis vraiment le Messager d’Allah [envoyé] à vous, confirmateur de ce qui, dans la Thora, est antérieur à moi, et annonciateur d’un Messager à venir après moi, dont le nom sera «Aḥmad» (61 : 6);
Il est envoyé comme miséricorde à tous les humains comme à tous les jinns, les deux créatures douées de raison et de libre arbitre « Et Nous ne t’avons envoyé qu’en miséricorde pour les mondes » (Le Coran, 21 : 10) ; « Dis: «Ô hommes! Je suis pour vous tous le Messager d’Allah, à Qui appartient la royauté des cieux et de la terre. Pas de divinité à part Lui.». (Le Coran, 7 : 158) ; « Dis: «Il m’a été révélé qu’un groupe de djinns prêtèrent l’oreille, puis dirent: «Nous avons certes entendu unCoran merveilleux,qui guide vers la droiture. Nous y avons cru, et nous n’associerons jamais personne à notre Seigneur » (72 : 1-2) Il est aussi témoin pour sa Oumma« Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de juste milieu afin que vous soyez témoins pour les hommes, comme le Messager sera témoin pour vous » (2 : 143), et celui par qui est clôturée la religion révélée et le phénomène prophétique : « Muḥammad n’est aucunement le père de l’un de vos hommes (mâles), mais le messager d’Allah et le sceau des prophètes. Allah est Omniscient » (Le Coran, 33 : 40) ; « Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous » (5 : 3)
Il est la voie en ce qu’il est consacré par le Coran comme le modèle de musulman agréé par Dieu et c’est en étant fidèle à ses enseignements et sa pratique que l’on est assuré d’obtenir l’amour de Dieu et Son pardon« Dis: «Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieux » (3 : 31) ; « Quiconque obéit au Messager obéit certainement à Allah.

Et quiconque tourne le dos... Nous ne t’avons pas envoyé à eux comme gardien » (4 : 80) ; « Quiconque obéit à Allah et au Messager... ceux-là seront avec ceux qu’Allah a comblés de Ses bienfaits: les prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux. Et quels bons compagnons que ceux-là! » (4 : 69) ; « Et suivez-le afin que vous soyez bien guidés». » (7 : 158) ; « Dis: «Obéissez à Allah et obéissez au messager. S’ils se détournent, ...il [le messager] n’est alors responsable que de ce dont il est chargé; et vous assumez ce dont vous êtes chargés. Et si vous lui obéissez, vous serez bien guidés» (24 : 54) ; « Vous avez, dans le Prophète de Dieu, un bel exemple » (33 : 21) ; « Certes, Tu es d’une moralité éminente » (68 : 4) ; « Et en vérité tu guides vers un chemin droit, le chemin d’Allah à Qui appartient ce qui est dans les cieux et ce qui est sur laterre » (42 : 52-53)
 Il est également porteur d’une triple mission ; réciter le Coran au monde, enseigner et purifier « Allah a très certainement fait une faveur aux croyants lorsqu’Il a envoyé chez eux un messager de parmi eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse, bien qu’ils fussent auparavant dans un égarement évident. " (3 : 164)
Il est le premier interprète du Coran et celui qui en applique les commandements de la façon dont Dieu le veut. Il est aussi le juge qui sert d’arbitre en cas de divergence : « Et à toi, Nous avons révélé le Coran, afin que tu explicites aux gens ce qui a été révélé pour eux et afin qu’ils réfléchissent. » (16/44); « Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. » (4 : 59) ; « Non!... Par ton Seigneur! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle gêne pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement » (4 : 65) ;
Il est grand dans la soumission à Dieu : « Dis-[leur]: «Je ne vous dis pas que je détiens les trésors d’Allah, ni que je connais l’Inconnaissable, et je ne vous dis pas que je suis un ange. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé » (6 : 50) ; «  Dis: «Je suis en fait un être humain comme vous. Il m’a été révélé que votre Dieu est un Dieu unique! Quiconque, donc, espère rencontrer son Seigneur, qu’il fasse de bonnes actions et qu’il n’associe dans son adoration aucun autre à son Seigneur» (18 : 110) ; « En effet, il t’a été révélé, ainsi qu’à ceux qui t’ont précédé: «Si tu donnes des associés à Allah, ton œuvre sera certes vaine; et tu seras très certainement du nombre des perdants. » (39 : 65) ; « Dis: «Il m’a été ordonné d’adorer Allah en Lui vouant exclusivement le culte, et il m’a été ordonné d’être le premier des Musulmans. Dis: «Je crains, si je désobéis à mon Seigneur, le châtiment d’un jour terrible». Dis: «C’est Allah que j’adore, et Lui voue exclusivement mon culte. » (39 : 11-14)
Preuves d’amour, introspection et espérance de guérison
Déclarer son amour pour le prophète (PSLF) est une chose qui honore son auteur. Mais suffit-il de s’en limiter au déclaré pour mener une bonne vie ici-bas et gagner le salut dans l’au-delà ? Que non, il faut donner des preuves de son amour pour le prophète (PSLF). On comprend du Coran que plus cet amour est sincère et profond plus celui qui prétend l’éprouver doit en tirer la force de bien se conduire dans la vie de tous les jours.

Le prophète (PSLF) était très aimé de son oncle Abu Talib mais seulement d’un amour filial, par conséquent, il n’a pas été sauvé en raison de son refus de devenir musulman tout en reconnaissant la véracité de son neveu. L’amour pour le prophète (PSLF) qui peut nous sauver est celui qui nous fait le prendre comme modèle duquel nous nous inspirons tous les jours. C’est dans cette optique que nous faisons l’articulation entre le prophète Muhammad (PSLF) comme modèle et l’actualité au Sénégal. Tout le monde pointe du doigt la crise des valeurs et la perte de repère. Divers fléaux et drames récents doivent attirer notre attention sur cette société qui est en train de voir des changements inquiétants en son sein sans pour autant mettre en place des initiatives pertinentes et durables pour faire face.

Dans une logique d’espérance de guérison, célébrer l’anniversaire de la naissance du prophète Muhammad (PSLF) devrait servir de prétexte pour stimuler l’envie d’introspection et de changement pour le meilleur. Sinon, milles déclarations d’amour pour le prophète (PSLF) ne pourront empêcher notre société de sombrer dans la déréliction, que Dieu nous en préserve ! Le but dans les lignes qui suivent est donc de voir en quoi on peut passer de l’amour prétendu au changement qui sauve sur la base d’un état des lieux des maladies de la société sénégalaise.

Mais, il importe de retenir que s’inspirer du modèle que constitue le prophète (PSLF) requière connaissance et intelligence pour savoir ce qui constitue le fondamental dans la voie qu’il nous a enseignée et ce qui relève de la contingence et qui peut prendre différentes formes dans le temps et dans l’espace. Dans ce cadre, il faut se rappeler la réponse de notre mère Aicha à la question sur le comportement moral du prophète (PSLF) : « sa moralité était inspirée du Coran »
Voici qu’on se prévaut d’un amour pour le prophète (PSLF) à nul autre pareil sans que ses vertus cardinales ne guident nos attitudes et comportements de tous les jours.

C’est ainsi qu’au prétexte de se protéger mystiquement, ce qui veut dire que tout le monde a peur de tout le monde alors qu’on est musulman quand même, la place que prend de plus en plus dans le mental et les pratiques des sénégalaises et des sénégalais, le recours à la divination, au charlatanisme, à la sorcellerie et à toutes sortes de croyances similaires et qui font des dégâts apparents et occultes inestimables est inquiétante. Le prophète (PSLF) rejetait ces croyances et gardait une totale confiance en Dieu sans rien Lui associer.

Le combien est idolâtré et peu de gens sont de nos jours capables de résister à la tentation de faire n’importe quoi pour avoir beaucoup tout de suite. Tout cela, afin de satisfaire un désir de reconnaissance dans une société de plus en plus soumise au paraitre. Le critère de vertu est en train de perdre toute signification et peut même être à la base de la marginalisation de quiconque prétend  encore croire et compte rester fidèle à un mode de vie simple et sans éclats ni étalage de superflu. Qui avait une vie plus sobre que le prophète (PSLF) ? Pourtant celui dont les compagnons buvaient le reste de l’eau de ses ablutions pouvaient tout avoir d’eux en termes de clinquant du monde.

La perte ou la fragilisation du lien familial qui fait que les membres sont là sans toutefois former une entité vivante animée d’une solidarité à toute épreuveau sein de laquelle tout le monde reçoit le traitement dû à sa position et non à son poids en possession de biens matériels et/ou de pouvoirs de toute sortes. Les parents font le minimum de service de communication familiale avec des enfants qu’ils voient de plus en plus rarement et dont ils n’ont pas le temps ou la volonté de suivre les évolutions, les fréquentations, les déceptions et autres frustrations. Le prophète (PSLF), lui, était un bon père de famille et prenait du temps pour s’occuper d’elle, la protéger, la rassurer, la consoler et la conseiller.

C’est lui qui a dit que chacun de nous est un berger qui sera interrogé sur ce qui lui a été confié, et il mentionna d’abord la famille. La crise d’autoriténe vient pas seulement de l’impolitesse supposée ou vraie des plus jeunes mais aussi d’une crise d’exemplarité qui font que ces jeunes sont démoralisés et se disent qu’il ne sert à rien de faire attention à certaines valeurs morales puisqu’en haut tout le monde s’en fout. Le prophète (PSLF) éduquait surtout par l’exemple. Il était le premier à faire le bien, le beau, le juste et le vrai et le premier à ne pas contredire ses propres enseignements.

La pratique systématique de la corruption, l’impunité, la promotion de gens qui ont maille à partir avec la justice, la non récompense du mérite, l’enrichissement sans cause, les privilèges accordés à certains sans proportionnalité avec leur productivité pour les richesses de la nation, des fonctionnaires et politiques beaucoup plus riches que des entrepreneurs par différents procédés de spéculation, de pots de vins, de trafic d’influence et autres sont autant de fléaux qui ne devraient pas prospérer dans une société qui célèbre l’anniversaire de ce prophète (PSLF) qui avait en aversion ces vices. Il a enseigné et pratiqué la justice, l’équité, le respect des ayants droit dans chaque chose et lutté contre l’égoïsme, l’accaparement, le fait de tromper et de tricher avec sa propre communauté et de léser autrui dans ses biens, son sang et sa dignité.

Des gens qui devaient servir d’exemple pour les jeunes et qui se montrent voraces et insatiables en matière d’argent, de positions politiques, et qui n’hésitent pas à renier tout et à trahir tout le monde pour arriver à leurs finsne peuvent prétendre aimer ce prophète (PSLF) qui était le digne de confiance par excellence et aimait les gens qui avaient cette vertu. 

Des leaders religieux qui mettent en avant leurs liens avec les puissants de la société et demandent aux plus démunis d’obéir aux gouvernants et d’avoir une posture fataliste sur les injustices de toutes sortes alors qu’eux-mêmes ne manquent de rien et font miroiter aux politiques les masses qu’ils contrôlent et qui pourraient être autant de cartes en faveur ou en défaveur de quiconque ne rend pas suffisamment service… Ce prophète (PSLF) ne demandait rien pour lui-même et défendaitles droits des moins nantis et des exclus. Sa naissance était un signal fort pour le recul du droit du plus fort et l’avènement de la justice.

Les leaders religieux seraient fidèles à l’amour vrai pour le prophète (PSLF) en rappelant ce qui dans le Coran et les Hadiths peut nous donner la force de revenir à la foi qui nous protège du paganisme, nous fait pratiquer la justice et l’équité, nous rend plus responsable, plus sensibles à la solidaire, à l’inclusion et à l’exemplarité, bref plus aptes à lutter de toutes nos forces contre ce chaos qui est en train de prendre des proportions inquiétantes au Sénégal. Et comme disait l’autre : « à certains moments seuls les fous n’ont pas peur. » Ce serait dommage qu’on soit englouti avec entre les mains ces trésors que constituent le Coran et l’exemple du prophète (PSLF).
(*) Imam, écrivain et conférencier, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Un véritable imbroglio difficile à comprendre est l'attitude des Sénégalais face aux événements politiques par rapport à la justice et à l'équité.

Il y a encore du travail à faire! Surtout sur les consciences.

Avons-nous une conscience citoyenne par rapport à la justice et à l'éthique pour pouvoir choisir des hommes et femmes de valeurs à qui confier le destin commun sénégalais ?

Aspirons-nous sincèrement aux valeurs de justice et d'équité ? Me semble -t-il que chacun veille sur les intérêts de son camp et du leader auquel il dépend pour exister dans un système où le pouvoir est perçu comme un lieu de partage de synecures, au détriment d'une justice cognitive, socle du vivre ensemble durable?

Avec le système politique en vigueur, les pratiques partisanes et le pouvoir exorbitant du President de la Republique sur tout, les citoyens accrochés à la justice fondamentale et pourvus de discernement seront toujours frustrés par les comportements politiques dans ce pays.

Les émotions du moment font oublier toutes les trajectoires d'injustice et nous eloignent de l'essentiel. Le sort d'un leader est plus important que la quête d'un État de droit et d'une gouvernance saine et équitable. On oublie vite les millions de Sénégalais laissés pour compte par le fait des choix d'une élite politique malveillante.

Les procès de Karim Wade et de Khalipha ont été emaillés d'irrégularités certes que nous avons tous denoncées, mais ils ont tous été condamnés sur des éléments de fond irréfutables. Nous restons encore sur notre faim pour les dizaines d'autres cas que la justice a épinglé sans aller jusqu'au bout de la redevabilité et de l'impunité.

Quand on est capable de rejeter l'injustice dans sa forme, nous devons aussi être capable de sanctionner des pratiques de malversations dont les conséquences sont directement subies par les populations, surtout les plus démunies qui manquent de tout pour avoir une vie décente. Celles dont le temps de la justice est un luxe qu'elles ne peuvent se permettre.

"Malheureusement oui!" a courageusement dit Me Babou lors de l'émission Remue-ménage sur la RFM. C'est comme ça que ça se passe, ce n'est même plus indécent de le.lire publiquement: les politiciens peuvent commettre tous les forfaits qu'ils désirent pour conquerrir ou garder le pouvoir qu'ils se partagent entre eux. Mais dans leur propre enclos, ils peuvent se permettre tous les coups, car le jour du festin viendra.

C'est bien comme ça que ça se passe à Ndoumbelane.

Une certaine presse (certainement des "planqués" (j'emprunte le terme au vaillant et intrépide Adama Gaye) choisit d'amplifier des moments de honte et de faire passer pour héros du jour, sans aucune critique éditoriale, des gens qui devaient raser les murs pour avoir eu maille à partir avec notre "misérable justice", à propos des deniers publics hotés de la bouche des plus mesurables d'entre nous.

Le pire est quand on utilise nos foyers religieux pour se blanchir des forfaits commis contre le peuple, et que les autorités religieuses, jadis considérées comme régulateurs sociaux, au lieu de les rappeller à l'ordre publiquement contribuent à leur donner une image de rédemption devant l'opinion. Une sorte de collusion qui cautionne la captation de la République entre cercles politiciens et cercles religieux.

Nous avons effectivement un grand problème au Sénégal. C'est notre système politique et les pratiques politiciennes qui l'entretiennent.

Existe-il encore des gens assez saints et courageux pour nettoyer les écuries d'Augias ?

Les voies de salut ne seront nullement par la manipulation de nos croyances à travers des phénomènes religieux, mais certainement par l'affirmation d'une véritable spiritualité qui nous installe définitivement sur les sentiers de la justice, de l'éthique et de l'équité.

Allah est Grand et Il ne transforme que les peuples qui s'activent sur les chantiers des changements dont ils aspirent, eux-mêmes..

Excellente semaine à tous !

Paix sur vous

Un témoignage fort instructif de l'érudit niassène Barham Diop sur El Hadj Malick Sy (Rahmatoullahi alayhim).

A mon humble avis, c'est d'un viatique qu'il s'agit en termes de rapport lucide aux grandes figures confrériques de notre pays. En lieu et place d'un culte de personnalité ou d'argument d'autorité, Maodo indique ses références et ses objectifs dans ce qu'il fait et dit. Ce qui veut dire qu'il ne se considère pas comme étant lui-même la source mais quelqu'un qui cherche à adosser ses actes et ses motivations aux enseignements de l'islam.

Aussi, Maodo fait preuve d'audace pédagogique en évoquant le principe de Ihtiyât (précaution) dans le Fiqh (Droit islamique) pour soutenir la thèse selon la quelle la denrée arachide devrait être incluse dans celles qui sont concernées par la Zakat portant sur ce qui est cultivé.

Ici, il faut comprendre le principe précaution comme étant la prudence qui conduit à préférer le plus au moins, c'est-à-dire, dans ce cas d'espèce, inclure l'arachide plutôt que de ne pas le faire et ainsi rater quelque chose et ne pas satisfaire un droit des pauvres. J'aurai tendance à dire que ce faisant, Maodo a opté pour la solidarité, la compassion et la précaution positive.

Enfin, pour la wazifa du matin, je ne suis pas Tijane pour parler de ses fondements théologiques et ésotériques, mais je me sens interpellé par ce témoignage en ce que, le cas échéant, Maodo l'a introduit pour des raisons bien précises.

Pour ce qui est de poser la main droite sur la main gauche lors de la prière, no comment. Ce n'est pas la façon des "ibadou" dont il s'agit, mais plutôt, de la souffrance d'un érudit qui est dans un environnement et un contexte tels qu'il fait un certain choix. Ce qui pose problème à mes yeux c'est que l'on se justifie de Maodo et pas d'un argumentaire en Fiqh comme lui nous y a conviés par ses actes et propos, pour rejeter la pratique en cause.

J'ai trouvé ce court témoignage fort pertinent relativement au contexte actuel et aux débats en cours sur l'islam et les musulmans au Sénégal.

Plus qu'un témoignage, c'est d'un puissant intrant pédagogique qu'il s'agit en faveur d'une éthique de la divergence apaisée et un rapport serein aux grandes figures musulmanes qui nous ont précédés. Il n'est pas évident que c'est lorsqu'on crie "euskey serigne bi", "keen dou moom", etc, qu'on leur est vraiment fidèle.

Bien à vous

 
 
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dimanche, 22 septembre 2019 12:01

Déclaration de La Mecque (31 mai 2019)

Réseau Voltaire

« Attachez-vous tous, fortement, au pacte de Dieu ; ne vous divisez pas ; souvenez-vous des bienfaits de Dieu ; Dieu a établi la concorde en vos cœurs ; vous êtes, par sa grâce ; devenus frères alors que vous étiez des ennemis les uns pour les autres » (Imran, 3 :103)

Nous, souverains, chefs d’État et de gouvernement et émirs des États membres de l’Organisation de la coopération islamique, réunis à l’occasion de la quatorzième session de la Conférence islamique au sommet, qui se tient à La Mecque le 26 ramadan 1440 de l’hégire (soit le 31 mai 2019),

Remerciant le Très-Haut de nous avoir réunis en ce mois béni et de nous avoir donné l’occasion de nous rencontrer dans la ville sainte de La Mecque, aux abords de la Kaaba, d’où est parti le message de l’islam, qui a jeté les bases de la justice et de la paix,

Insistant sur les nobles principes du message impérissable révélé en ce lieu saint, qui est venu raffermir les valeurs et préceptes islamiques, préconisant l’union entre les peuples musulmans et leur coopération, en vue de parvenir à la justice, la liberté, l’égalité, la charité, l’unité et la solidarité, et rejetant la tyrannie, la division et les conflits,

Rappelant les objectifs et principes fondateurs de l’Organisation de la coopération islamique, y compris le renforcement de l’unité et de la solidarité entre les États et les peuples musulmans,

Conscients des problèmes politiques, économiques et culturels auxquels font face les États membres de l’Organisation du fait des conflits armés et de la recrudescence de l’extrémisme et du terrorisme, et sachant que nous devons nous efforcer de régler les difficultés que nos États membres connaissent, afin de préserver la sécurité et la stabilité, d’ouvrir la voie aux investissements et au développement durable et de garantir une vie décente et la prospérité aux peuples musulmans,

Conscients de la nécessité, pour atteindre un tel objectif, d’adopter un certain nombre de principes et de démarches à respecter et préserver :

I. Nous nous engageons à soutenir l’Organisation de la coopération islamique en vue d’atteindre les objectifs énoncés dans sa Charte, au moyen de l’action islamique commune qu’elle incarne, pour pouvoir progresser en direction d’une nouvelle stratégie vers un avenir prometteur du monde musulman, à même de lui permettre de surmonter les problèmes internes et externes qu’il rencontre, dont notamment la préservation de sa sécurité et de sa stabilité ;

II. Œuvrons au renforcement des capacités dont disposent les États et les régimes islamiques dans tous les domaines, afin de promouvoir et d’atteindre les objectifs de développement, au moyen de l’élaboration et de l’exécution des plans et programmes nécessaires, ce qui se répercutera de manière positive sur l’action islamique commune, la consolidera et contribuera au renforcement des activités de l’OCI et de ses organes subsidiaires et institutions, de manière à servir les intérêts des peuples et des États islamiques ;

III. Soulignons l’importance de la question de Palestine, qui est centrale à la communauté des musulmans, et de la fin de l’occupation par Israël depuis 1967 des territoires arabes et palestiniens, conformément aux résolutions internationales adoptées à cet égard, et réaffirmons notre pleine solidarité avec le peuple palestinien dans son rejet de l’occupation et son droit à une vie décente dans un État souverain et indépendant, avec Jérusalem pour capitale ;

IV. Condamnons le terrorisme, l’extrémisme et le fanatisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, quelles qu’en soient les motivations, et agissons de concert face aux organisations terroristes et promulguons des lois et règlements dissuasifs ;

V. Dénonçons les attentats terroristes qui ont visé l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, à savoir ceux perpétrés contre les stations de pompage de pétrole en Arabie saoudite et contre des navires marchands dans les eaux territoriales émiriennes, et demandons à la communauté internationale de s’acquitter de ses responsabilités en vue de maintenir la paix et la sécurité dans la région ;

VI. Rejetons toute tentative d’associer le terrorisme à une nationalité, à une civilisation ou à une religion, et refusons d’apporter tout soutien direct ou indirect aux groupes et organisations qui préconisent la violence, l’extrémisme et le terrorisme, sous quelque prétexte que ce soit ;

VII. Condamnons à nouveau sans réserve toutes formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion, la couleur ou la croyance, et soulignons qu’il convient de faire preuve de tolérance, de respect, de dialogue et de coopération entre tous les peuples, comme seul moyen de combattre le racisme et la haine ;

VIII. Rejetons le confessionnalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes et dans toutes leurs manifestations et encourageons toute action nationale visant à contrer les politiques et pratiques sectaires et à favoriser la réconciliation entre tous les musulmans ;

IX. Insistons sur la grande responsabilité qui incombe aux responsables des médias sociaux de se conformer aux objectifs islamiques de fraternité et de s’abstenir de susciter le chaos et le discorde parmi les membres de la communauté des musulmans ;

X. Soulignons qu’il importe de se tenir aux côtés des musulmans dans les pays non islamiques qui sont victimes de persécution, d’injustice, d’oppression et d’agression, de leur prêter main-forte et de défendre ces questions dans les instances internationales, afin de veiller à ce qu’ils réalisent leurs droits politiques et sociaux dans leurs pays, et d’élaborer des programmes et des mécanismes pouvant garantir leur intégration dans la société sans discrimination ;

XI. Insistons sur la nécessité pour l’Organisation de la coopération islamique de prendre conscience des changements qui se produisent à l’échelon international et d’élaborer des programmes et des lignes de conduite pour qu’elle puisse jouer son rôle sur les plans régional et international, de la manière la plus apte à réaliser la cohésion dans l’action islamique commune ;

XII. Remercions le Serviteur des deux saintes mosquées, le Roi Salman Bin Abdulaziz Al-Saud d’avoir proposé généreusement d’accueillir la quatorzième session de la Conférence islamique au sommet et de déployer des efforts louables en faveur du raffermissement des liens de fraternité et de solidarité entre les pays musulmans, au service de l’Islam et des musulmans du monde entier.

Puisse le Très-Haut nous accorder la réussite dans nos efforts, nous guider vers nos objectifs et nous doter des chances de promotion de la communauté des musulmans, aujourd’hui et demain.
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