lundi 12 avril 2021
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Don de billets pour la Mecque : ''Je ne vois aucune justification islamique'' (Imam Kanté)

Don de billets pour la Mecque : ''Je ne vois aucune justification islamique'' (Imam Kanté)

Lorsqu'une personne privée donne à une autre de quoi se payer un billet à la Mecque, rien à signaler. Par contre, utiliser l'argent public à cette fin n'est ni religieux encore moins républicain. La position est de imam Ahmadou Makhtar Kanté. «Je voudrais tout d’abord préciser que le hajj est un acte cultuel  musulman. Donc, un des 5 piliers de l’islam. Si on regarde les règles qui régissent cet acte, on se rendra compte que les choses sont simples. L’individu qui n’a pas les moyens financiers pour se rendre au hajj n’est pas tenu de le faire. Il attendra de réunir les conditions financières pour le faire. Et s’il n’a pas pu le faire jusqu’à sa mort, pour absence de moyens, il ne rendra pas compte, car il a des raisons que la charia accepte», a de prime abord déclaré imam Ahmadou Makhtar Kanté.  

Cependant, il précise que si une personne privée donne un montant ou aide financièrement en partie ou totalement à une autre pour qu’elle réunisse les conditions financières pour aller à La Mecque, cela peut être recevable du point de vue de la charia.

Par contre, indique le chef religieux : «Si de l’argent public est distribué de cette façon, sous prétexte de donner le billet de la Mecque, je ne vois aucune justification islamique, ni une justification républicaine, parce qu’il faut voir quels sont les critères. On sait tous qu’il y a beaucoup de politisation dans la distribution de cet argent. Je ne vois aucun fondement à cela. En plus, c’est une nébuleuse. On ne peut pas prendre l’argent du contribuable sénégalais et en faire des billets  pour La Mecque, alors que c’est un acte individuel», lance-t-il.

En outre, Kanté a souligné qu’il y a des considérations sociales qui devraient prendre le pas sur cet acte individuel, comme les questions de santé, de l’emploi, des hôpitaux. «Cet argent pourrait servir à satisfaire un besoin collectif. Et ça me rappelle un problème dans une mairie ou le percepteur ne voulait pas qu’on prélève des billets pour La Mecque dans le budget de la mairie, alors que les travailleurs n’étaient pas encore payés», a raconté l’imam. 

Non sans conclure : «Le percepteur avait parfaitement raison. Ce n’est pas sérieux, encore moins  conforme aux enseignements de l’islam. Je pense que cette pratique doit être reconsidérée et les individus ne devraient pas accepter qu’on leur donne si facilement de l’argent public sans savoir quelles sont les considérations qui ont été prises en compte.»

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